L'apparition d'Internet dans les catégories de dépenses des candidats permet
non seulement de savoir combien chacun a dépensé pour sa stratégie web, mais aussi
comment il s'est débrouillé pour réduire le plus possible ses dépenses.
Tout budget de campagne est divisé en trois sections : la part payée par le
mandataire qui gère le trésor de guerre du candidat, celle acquittée par son parti
politique et celle équivalant aux "concours en nature". Cette dernière section
sert à évaluer financièrement des prestations n'ayant pas donné lieu à une facturation.
Il s'agit la plupart du temps de travail bénévole, effectué par des militants.
"C'est une pratique tout à faite légale, qui permet à un projet Web de coûter
peu d'argent", explique-t-on à CNCCFP.
Le candidat de Châsse pêche nature et traditions, Frédéric Nihous, a par exemple
déclaré un budget numérique de 2.543 euros. Mais il n'a réellement déboursé
que 143 euros pour créer son site Nihous2007.fr. Les 2.400 euros restants
ont été déclarés en prestations en nature.
Le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire, Olivier Besancenot a également
déclaré 330 euros de concours en nature, sur un budget de 5.403 euros. Le plus
petit budget Web des candidats, Gérard Schivardi n'a dépensé que 164 euros
sur les 664 euros que lui ont coûté son site de campagne.
Si le coup de pouce des sympathisants se révèle surtout utile pour les petits
candidats, d'autres représentants de grandes formations politiques y ont également
eu recours. C'est le cas de Ségolène Royal. La candidate du Parti socialiste a
ainsi dépensé 866.220 euros pour sa webcampagne, principalement pour créer
et alimenter les sites Desidavenir.org et Segosphere.net.
Plus des trois quarts de ce budget a été déboursé par les soutiens de la finaliste
malheureuse. Le PS a également contribué à hauteur de 20% de la campagne numérique
de la candidate, essentiellement pour alimenter son site officiel en contenu
ainsi que celui du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). Reste quelques 3.230
euros déclarés en concours en nature. "Ségolène Royal a souhaité mener une campagne
participative et décentralisée. Ces prestations en nature correspondent à une
estimation des prestations réalisées gracieusement par les fédération régionales",
explique Dominique Bertinotti, trésorière de la campagne de la candidate.