Google et YouTube sont mis à l'index par la NBA et certaines ligues professionnelles
de football. La plate-forme de vidéo est accusée de violer les droits de diffusion
achetés à prix d'or par les grandes chaînes. (07/11/2006)
En rachetant YouTube pour 1,6 milliard de dollars, Google s'exposait au risque
de devenir une cible de choix pour les éditeurs et les diffuseurs de contenus
vidéo lassés de voir leurs catalogues librement proposés en ligne au mépris des
droits d'auteur. Sur les 100 millions de vidéos diffusées chaque jour par YouTube,
un nombre croissant de contenus propriétaires tels que des clips vidéos, des extraits
de films, des documentaires TV ou encore des épisodes entiers de dessins animés
sont ainsi proposés faute de dispositif de modération efficace.
La NBA, le Bayern de Munich, la ligue allemande de football ainsi que la Premier
league anglaise ont donc décidé de sévir et de menacer YouTube afin de faire cesser
la diffusion illégale d'extraits de matches. Le géant de la vidéo en ligne a donc
procédé au nettoyage de sa base de données afin d'éviter toutes poursuites ultérieures.
Ce n'est pas la première fois que YouTube se fait taper sur les doigts puisque
en octobre dernier, un groupe de médias japonais avait déjà sommé la plate-forme
d'effacer 30.000 vidéos pirates issues de son catalogue de programmes TV. YouTube
s'était alors exécuté rapidement pour couper court à toutes complications juridiques.
Aujourd'hui ce sont de plus gros acteurs qui s'en prennent à la plate-forme de
vidéo en ligne en l'accusant de violer les droits de diffusions d'émissions sportives.
La NBA, le championnat de basket nord-américain, a ainsi demandé à YouTube
de supprimer de sa base de données les vidéos de matches qui restent sa propriété.
La ligue précise par ailleurs qu'elle restera désormais attentive à l'utilisation
abusive de ses contenus. Plus sévères, le Bayern de Munich et la ligue de football
allemande qui gère les droits de diffusion TV et Web des matches du championnat
allemand ont précisé qu'ils se réservaient la possibilité d'attaquer YouTube et
Google en justice pour violation de leurs droits exclusifs de diffusion. En Angleterre,
la Premier league de football est elle aussi montée au créneau pour exiger le
retrait des contenus illicites.
| Une participation de 50 millions de dollars pour
les Majors |
Les plaintes commencent donc à se multiplier et devraient encore se poursuivre
puisque la liste des contenus pirates ne s'arrête pas aux seuls matches de basket
et de football. Les producteurs et diffuseurs de contenus considèrent en effet
que YouTube court-circuite le réseau traditionnel de distribution et exerce une
concurrence déloyale en proposant sans contrepartie des contenus souvent achetés
à prix d'or. La NBA fidélise en effet les fans de basket en proposant plus de
3 millions d'heures de vidéo sur sa plate-forme tandis que le Bayern de Munich
diffuse ses rencontres directement sur son site à quelques 30.000 abonnés qui
pourraient être tentés d'aller les voir ailleurs, gratuitement.
La loi américaine sur les contenus numériques joue cependant en faveur de YouTube
puisque elle évite aux plates-formes de diffusion les risques de poursuite judiciaire
à condition que les contenus incriminés soient retirés rapidement après réclamation.
Mais avant de racheter YouTube, Google avait aussi pris ses précautions en signant
un partenariat avec trois des plus gros producteurs mondiaux de loisirs numériques.
Selon le New-York Times, Universal Music, Sony BMG et Warner Music Group auraient
ainsi été associés au rachat de YouTube en y prenant une participation de 50 millions
de dollars. Une manière pour eux de récupérer sous forme de revenus publicitaires
une part de la diffusion gratuite en ligne.
De nouveaux partenariats seraient également en passe de voir le jour notamment
avec Viacom, Time-Warner et News Corp afin d'aplanir les modalités de redistribution
des revenus issus soit de la vente d'émissions, soit de la publicité. Google travaillerait
également à l'élaboration d'une technologie de détection automatique de contenus
sous le coup du droit d'auteur afin d'offrir des garanties supplémentaires à l'industrie
des loisirs numériques et éviter une série de procès contre-productifs.