Les producteurs d'émissions de télévision réclament aux sites de partage
vidéo de rentrer dans la légalité et de commencer à rétribuer rapidement les ayants
droits, dont ils font partie. Les négociations débutent. (23/03/2007)
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Emery Doligé
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Qu'est-ce que le Spect, et qui représentez-vous ?
Emery Doligé : Le Spect, dont je suis délégué général, existe depuis deux
ans et demi. Il a été créé par des sociétés de production télévisuelles spécialisées
dans les émissions de flux, à l'opposé des productions de stock, que sont, par
exemple, les documentaires. On trouve parmi ses membres des groupes tels que Endemol
(Star Academy, Les enfants de la télé…), Fremantle (Question pour un champion,
Nouvelle Star…), KM Production (Le Grand Journal, Les César…), et TSE Production
(On a tout essayé…). En tout, nous rassemblons 35 sociétés. Notre rôle est de
défendre leurs intérêts dans le cadre des relations avec les diffuseurs ; d'apporter
notre point de vue sur les questions sociales liées à notre métier, comme l'intermittence
; et de défendre leurs droits.
Quelle est votre position concernant le partage de
vidéos dont les droits vous appartiennent sur des sites tels de Youtube ou DailyMotion
?
Nous n'avons pas l'intention de les faire fermer, même si nous en aurions la possibilité
d'un point de vue strictement légal. Aujourd'hui, notre position est de discuter
avec ces sites pour trouver un modèle économique qui satisfasse tout le monde.
Pour cela, nous entamons à partir de la semaine prochaine des discussions avec
les plus importants sites en France. DailyMotion, bien sûr, mais aussi VPod, Kewego,
Eyeka, et bien sûr Youtube. Nous ne voulons pas être les censeurs du Web 2.0.
Mais je n'ai pas non plus envie d'entendre nos adhérents dire que leurs droits
sont bafoués. Nous devons donc trouver un accord le plus rapidement possible,
sinon il faudra en discuter sur le terrain judiciaire, et cela ne sera pas favorable
aux sites de partage vidéo.
Avez-vous déjà exploré des pistes d'accords possibles
?
Oui, nous avons plusieurs idées de modèles économiques possibles. La principale
revient à rémunérer les ayants droit grâce à la publicité. Mais nous sommes ouverts
à toute proposition. Tout ce que nous voulons, c'est que les droits d'auteurs
soient respectés. Si l'on peut tomber d'accord sur un modèle qui prévoit de nous
rémunérer dès qu'un internaute diffuse une vidéo dont les droits nous appartiennent,
pourquoi pas, ça me va ! Mais aujourd'hui, DailyMotion se valorise sur des biens
qui ne lui appartiennent pas, et cela doit cesser. La mobilisation des ayants
droits commence. Toutes les associations représentatives de l'audiovisuel entament
des négociations de leurs côtés. Ensuite, nous nous réunirons ensemble autour
de la table pour trouver une solution commune. Pourquoi maintenant ? Parce qu'une
économie est en train de se créer, et il est normal que nous demandons la part
qui nous revient de droit. Quand Viacom demande 1 milliard de dollars à Youtube
parce qu'aucun accord n'a été trouvé entre eux, il fait valoir ses droits.