Exalead a levé 12 millions
d'euros auprès de Qualis, son partenaire financier historique. Parmi les projets
de son PDG : recrutement, développement 2.0, accords OEM et implantation d'une
filiale au Royaume-Uni. (24/01/2007)
JDN. Comme Netvibes il y a
quelques mois, vous levez 12 millions d'euros. Comment allez-vous exploiter ces
nouvelles ressources et quels sont vos principaux axes de développement ?
François
Bourdoncle. A la différence de Netvibes, Exalead existe depuis 8 ans et emploiera
bientôt 80 personnes. Il s'agit donc plus de ressources qui vont accompagner notre
développement et l'accélérer que d'un démarrage comme ce fut le cas pour le projet
de Tariq Krim.
Nous allons en priorité
embaucher afin d'être plus compétitifs. Nous recherchons autant d'ingénieurs que
de commerciaux mais aussi des managers pour encadrer nos équipes, car elles commencent
à prendre de l'ampleur. Toutes les personnes enthousiasmées par le Web 2.0 et
qui veulent vivre une aventure professionnelle dans une entreprise à taille humaine
sont donc invitées à nous rejoindre. Nous avons déjà constitué un réseau de 28
revendeurs qui nous a permis de nous implanter un peu partout en Europe, mais
aussi de créer un bureau aux Etats-Unis depuis bientôt un an demi.
Nous
continuons donc dans cette dynamique et prévoyons d'ouvrir prochainement une filiale
au Royaume-Uni. Les accords OEM
que nous avons conclu aux Etats-Unis sont très importants pour nous, car c'est
ce qui fait notre différence. Avec les normes drastiques définies par Sarbanes-Oaxley,
de plus en plus de grands groupes bancaires ou d'assurances Outre-Atlantique font
appel à notre savoir-faire dans le domaine de la recherche pour mettre au point
des solutions intranet capables de gérer et de rechercher précisément dans leurs
archives. Pour certains clients, notre solution doit gérer jusqu'à 300 Téraoctets
de données, soit une fois et demi le Web. Et, contrairement à celles de la concurrence,
elle est assez compacte et consomme moins de ressources : nous avons déjà conclu
cinq contrats avec de grands éditeurs et nous espérons monter en puissance.
Outre
des solutions professionnelles, Exalead développe aussi une activité grand public.
Vous proposez d'ailleurs un moteur de recherche éponyme. Entre clients professionnels
et particuliers vous n'avez donc pas choisi ?
Bien sûr pour
l'instant notre chiffre d'affaires est assuré par la branche professionnelle,
mais le décollage de notre moteur grand public se passe bien : en quelques mois,
nous avons atteint un million de visiteurs uniques mensuels, sans investir dans
le référencement ou le marketing, mais seulement grâce au bouche-à-oreille. Après
le recrutement d'équipes en support et vente, nous constituons désormais notre
équipe "front office". Nous souhaitons continuer à développer notre moteur en
y ajoutant des fonctionnalités 2.0 qui tireront partie de la communauté et favoriseront
le partage de connaissances entre internautes.
Nous
avons déjà mené quelques expériences dans ce domaine notamment avec Wikipedia.
Il faut maintenant unifier toutes ces bonnes idées autour d'un moteur de recherche
2.0. Cette double entrée de nos produits à la fois dans le monde professionnel
et le grand public nous a permis de toucher de grands groupes média avec lesquels
nous avons noué des partenariats autour de l'échange de trafic. Cette synergie
entre le BtoB et le BtoC fonctionne à plusieurs niveaux, puisque les investissements
réalisés dans le grand public, notamment en matière d'ergonomie, bénéficient aux
produits d'entreprise que nous rendons de plus en plus faciles à utiliser. Pour
l'instant, ces deux branches se développent donc en complémentarité et de manière
conforme à nos attentes. La vision que nous développons depuis 8 ans est donc
validée : nous ne choisirons pas entre grand public et professionnels, mais continuerons
de développer les deux secteurs
Pourquoi
vos partenaires allemands au sein du projet européen de moteur de recherche Quaero
sont-ils partis ? Est-il remis en cause ?
L'équipe allemande
a pris du retard en raison des élections présidentielles. Lorsqu'ils ont rejoint
le projet, l'équipe française avait déjà bien avancé et nous avions défini des
règles d'adhésion et des procédures d'évaluation assez strictes pour sélectionner
les meilleures technologies. Cela ne leur a pas convenu car ils n'avaient pas
participé à l'élaboration de ce travail et ils ont donc quitté le projet. Maintenant,
ils prévoient de monter leur propre projet, qu'ils devront faire avaliser par
la Commission Européenne.
De notre
côté nous sommes un peu déçus de ne pas collaborer avec des entreprises de pointe
comme SAP, mais notre projet de recherche est en passe d'être validé par l'Europe.
Nous travaillerons notamment avec Synapse sur la sémantique : catégorisation dynamiques,
questions/réponses, etc. La définition du projet a pris du temps, notamment car
il était nécessaire pour les plus petites entreprises participant au projet, comme
Exalead, de faire reconnaitre leur expertise et leurs besoins face aux plus grandes.
Après la validation par la commission européenne qui devrait avoir lieu d'ici
quelques semaines, le projet de recherche à proprement parler va pouvoir être
lancé à partir des besoins industriels définis par les professionnels.