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De toutes les sociétés montées par Gilles Babinet, la seule qui ne s'exporte pas encore à l'international est celle qui a fait entrer à son capital un fonds d'investissement étranger : Eyeka. Un fait qui tord le cou à l'idée, combattue par l'entrepreneur, qu'il faut absolument passer par un investisseur étranger pour se développer hors des frontières hexagonales.

 

Eyeka a fait appel à un fonds d'origine américaine basé à Londres dans son premier tour de table, DN Capital, en mars 2006. D'un montant total de 5 millions de dollars, 1,8 million a été apporté par ce fonds, le reste émanant de Ventech. Si la plate-forme de gestion et de diffusion de photos et de vidéos sur Internet et mobile a choisi DN Capital, c'est avant toute chose car la personnalité du partner a séduit Gilles Babinet. "La première chose que je regarde pour prendre une décision dans un tour de table, c'est la qualité de mon administrateur, explique le fondateur. Puis le pacte d'actionnaires, ensuite la valorisation et en dernier lieu le montant." Aucun rapport, donc, avec la nationalité du fonds.

 

Après 13 tours de table cumulés depuis le début de sa carrière d'entrepreneur (Musiwave, Digicompanion, Mxp4…), Gilles Babinet a fini par se faire une idée précise de ce qui différencie les fonds et de ce qu'ils considère comme des idées reçues. "Aux grands fonds américains comme Sequoia, Benchmark Capital, Draper Fisher, etc., on attribue généralement des valorisations supérieures en amorçage, des mises plus importantes, et des pactes d'actionnaires beaucoup plus complexes. Ce qui était vrai pour les valorisations ne l'est plus en raison de la faiblesse du dollar par rapport à l'euro. Les montants investis sont parfois plus importants car les fonds américains s'adressent à un marché de 300 millions de consommateurs, mais c'est de moins en moins vrai. Les pactes d'actionnaires comportent effectivement des clauses plus complexes et impliquant plus de risque pour le fondateur, mais ces pratiques s'importent progressivement en Europe. Mais parler d'une plus grande ouverture à l'international, c'est faux. Sauf peut-être pour les plus grands fonds."

 

Il en veut pour preuve que ses autres sociétés se sont toutes développées à l'international sans l'appui d'un fonds étranger. Quant à Eyeka, des projets en Asie sont en préparation. Et non, selon Gilles Babinet, un fonds présent en Asie ne changerait rien à l'affaire.

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