Il y a six mois, le Journal du Net avait réalisé un premier test des
solutions de filtrage de Dailymotion et de Youtube. A l'époque, les premiers
résultats avaient été décevants. Logique, selon les plates-formes vidéos :
la solution commune employée par les deux sites d'échanges, Audible Magic, n'avait
pas encore suffisamment de références dans sa base de données pour être efficace.
Mais aujourd'hui, où en sommes nous ?
A ce jour, Audible Magic détiendrait 8 millions de références dans sa base
de données. Soit autant d'empreintes numériques sonores de films, séries ou
clips vidéo. En pratique, à chaque fois qu'une vidéo est uploadée par un utilisateur
sur les sites de Dailymotion ou de Youtube, son empreinte est comparée à celles
contenues dans la base de données. Et si l'empreinte correspond, la vidéo est
bloquée et n'apparaît pas sur le site.
 |
|
|
Auto promotion sur le site d'Audible Magic
|
|
Les ayants droit ont par ailleurs la possibilité de rendre la solution plus
'intelligente'. S'ils reconnaissent un de leurs contenus en ligne, ils préviennent
le site qui envoie une empreinte de la vidéo dans une base de données dédiée,
gérée par Audible Magic. Un catalogue d'empreintes qui servira à ce que la même
vidéo ne puisse être envoyée une seconde fois sur la plate-forme ("take down,
stay down). En théorie seulement, car l'empreinte d'une bande audio trop dégradée
ne correspondra pas avec celle de l'original…
En plus de la solution d'Audible Magic, les deux sociétés ont opté pour un
autre système de filtrage portant sur l'empreinte vidéo des fichiers. De son côté,
Dailymotion a déployé la technologie de l'INA sur sa plate-forme en janvier
dernier. Baptisée Signature, sa base de données comprend principalement tout
le fonds vidéo numérisé de l'organisme public. Mais elle pourrait rapidement devenir
la solution utilisée par le cinéma français. Ainsi, la société de production Europacorp
de Luc Besson et Canal Plus ont déjà annoncé alimenter Signature de leurs contenus.
Selon nos informations Pathé, TF1 et France Télévisions seraient proches de signer
avec l'INA pour utiliser le système. De son côté, Youtube a lancé il y a plusieurs
mois une solution de filtrage par empreinte vidéo développée en interne. Selon
Google, cette technologie permet à un ayant droit d'autoriser la diffusion
libre de son contenu par un tiers, d'accepter sa diffusion en échange d'un
partage de revenus publicitaires, ou de la bloquer.
Avec la menace de poursuites judiciaires planant sur leur tête à
chaque fois qu'un contenu illégal est diffusé, les plates-formes font de la
mise en place de ces technologies un gage de bonne intention, bien qu'elles soient
loin d'être efficaces à 100 %. Mais jusqu'où sont-elles
efficaces ? Pour le savoir, le Journal du Net a testé ces solutions avec
des clips vidéo.