Le couple franco-allemand veut accélérer la construction d'une Europe du numérique

Ce mardi s'est tenu à l'Elysée une conférence franco-allemande sur le numérique. Angela Merkel et François Hollande veulent faire du couple un moteur de l'Europe du numérique.

Le prochain Facebook ou Google sera-t-il européen ? C'est en tout cas ce que souhaitent les interlocuteurs qui se sont réunis ce mardi 27 octobre à l'Elysée pour la Conférence numérique franco-allemande. Sous l'égide d'Emmanuel Macron et du vice-chancelier et ministre de l'Economie allemand Sigmar Gabriel, des présentations ou tables-rondes faisant intervenir investisseurs, entrepreneurs, business angels et corporates des deux pays pour débattre des mesures à mettre en place pour permettre aux start-up européennes de mieux accélérer ou encore à l'industrie de mettre en œuvre sa transformation numérique.

François Hollande et Angela Merkel affichent une vision commune

Preuve que des deux côtés, l'enjeu est important, François Hollande et Angela Merkel sont intervenus, tout comme Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. Les deux pays veulent faire office de moteurs dans une construction numérique européenne souvent ralentie par des désaccords sur les sujets de fiscalité ou de protection des données. Le couple franco-allemand espère pousser certains sujets sur l'agenda européens, et influencer notamment la création d'investissements en direction des start-up.

Orange et Publicis créent un fonds d'investissement européen

Des initiatives concrètes ont été annoncées à l'occasion du sommet, comme le lancement d'une plateforme destinée à faciliter les co-investissements entre banques publiques dans des start-up. Ainsi, Bpifrance, le groupe BEI à travers le Fonds européen d'investissement (FEI) et la KfW allemande ont annoncé un co-investissement de 75 millions d'euros dans Partech Growth, dont le closing final aura lieu début 2016.

Orange et Publicis ont quant à eux annoncé la création d'un fonds d'investissement destiné aux start-up européennes, baptisé Iris Growth, doté de 75 millions d'euros. 

15 propositions du CNNum et de son homologue allemand

 

Le Conseil national du numérique (CNNum) français et son homologue allemand, le Comité "Jeunes entreprises du numérique" (BJDW), ont profité du sommet pour livrer quinze propositions pour la transformation numérique de l'Europe. Parmi elles, l’enseignement d’un socle commun sur le numérique dans toute l’Europe, le renforcement de la recherche portant sur la transformation numérique, la création d'un réseau ouverts d'écoles et de centres de recherche, la création d'un "start-up Erasmus" avec des bourses européennes, un régime social et fiscal harmonisé pour les start-up innovantes, des programmes d'accueil "Startup Visa" ou encore une collaboration renforcée dans le Big Data et les objets connectés. Les Conseils proposent aussi de promouvoir la création de nouveaux fonds d'investissement, transfrontaliers ou publics-privés et de créer une agence de notation des plateformes.

Trouver une alternative au Safe Harbor

Emmanuel Macron a aussi évoqué la question de la protection des données personnelles et la remise en cause de l'accord du Safe Harbor, qui facilitait le transfert des données des européens aux Etats-Unis, sera également évoquée : "Une décision très imparfaite avait été prise au moment du Safe Harbor, a-t-il souligné. La situation actuelle pose de gros problèmes à toutes les entreprises, il faut donc trouver une solution rapide, mais qui redonne à l’Europe les moyens de vérifier le respect de la vie privée et de réguler efficacement les plates-formes." 

Europe / Conseil national du numérique