Covoiturage, autopartage : quel impact pour l'industrie automobile ?

Les nouvelles pratiques d'autopartage et de covoiturage pourraient coûter 20 000 à 60 000 emplois et 11 à 30 milliards d'euros à l'industrie automobile française.

Quel sera l'impact du vovoiturage et de l'autopartage sur le parc automobile français et sur l'industrie ? Difficile à évaluer, mais une étude publiée par le pôle interministériel de prospective et d'anticipation des mutations économiques tente de répondre à cette question en dressant trois scénarios différents.

L'un place l'évolution des usages sous le leadership du couple "pouvoirs publics/transports publics", le deuxième, "continuiste", est porté de façon homogène par tous les acteurs traditionnels de la filière automobile et de nouveaux entrants, et le troisième voit la croissance des start-up booster la transformation du secteur tandis que les acteurs traditionnels n'ont d'autres choix que s'adapter.

Dans les trois cas, l'industrie traditionnelle est en tout cas sévèrement touchée : l'étude envisage une perte d'environ 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans les deux premiers scénarios et de 11 dans le troisième, sur un marché évalué à 154 milliards environ : le secteur pourrait donc encaisser une chute de 8 à 20% de son chiffre d'affaires.

Le parc automobile rajeunit mais les emplois de l'après-vente trinquent

Les deux premiers scénarios prévoient la suppression de 62 à 63 000 emplois, le troisième de près de 20 000. Si les métiers de la fabrication de voitures seront peu touchés, puisque les véhicules davantage utilisés seront aussi renouvelés plus souvent (l'âge moyen du parc automobile diminue de 0,6 à 1,4 ans selon les scénarios), ceux de l'après-vente et de la vente d'occasion seront eux touchés sévèrement.

Le parc automobile va diminuer de 4 à 10 millions de véhicules, selon les scénarios, pour atteindre un parc total de 24 à 30 millions de voitures. Le développement de ces offres contribueront en tout cas à diminuer les litres d'essence consommés  (-68 millions à -4,6 milliards de litres selon le scénario) et à réduire les émissions de CO2… Sauf dans le cas du scénario 3, boosté par les start-up (+ 1 000 tonnes de CO2).

L'étude conclut que le deuxième scénario, dans lequel acteurs traditionnels et nouveaux entrants portent tous l'innovation, serait le "meilleur compromis" entre bénéfices écologiques induits par les nouveaux services et usages de l'automobile et leur impact sur le chiffre d'affaires et l'emploi de la filière automobile.

A partir des trois scénarios envisagées, les auteurs de l'étude ont établi huit recommandations adressées aux ministères pour accompagner la transformation du secteur, parmi lesquelles inciter les collectivités territoriales à investir dans des expérimentations de mobilité, favoriser l'émergence d'une offre de véhicule en partage chez les acteurs de l'automobile, standardiser l'ouverture des données de transports ou encore fournir les outils adéquats aux collectivités pour qu'elles puissent se positionner sur des services de mobilité innovants.

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