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| | Steve Ballmer est en partie responsable du départ de Jerry Yang de Yahoo © Journal du Net / Agnès le Gonidec | |
S'il n'est pas l'unique responsable de la démission de Jerry Yang, Steve Ballmer n'a pas ménagé ses efforts pour tenter de mettre la main sur le portail, contribuant ainsi à affaiblir son co-fondateur. En proposant, le 31 janvier dernier, une somme de 44,6 milliards de dollars en cash et en actions pour s'offrir Yahoo, Microsoft jette en effet les bases du départ de Jerry Yang.
Yahoo, qui n'a pas sollicité l'offre de Microsoft la refuse poliment, expliquant qu'elle sous-estime la valeur du groupe. La proposition apparaît pourtant intéressante pour de nombreux actionnaires de Yahoo : Microsoft offre 31 dollars par action alors que le titre Yahoo ne dépasse pas les 20 dollars. Le 12 juillet, Yahoo repousse une seconde offre de la part de Microsoft, portant uniquement sur le moteur de recherche du portail.
Avec un peu de recul, cette offre était d'autant plus alléchante que le titre Yahoo n'a depuis cessé de dégringoler pour approcher les 10 dollars aujourd'hui. De quoi frustrer les investisseurs de Yahoo et faire sourire Steve Ballmer. Le PDG de Microsoft ironisait récemment sur la valeur de Yahoo, estimant qu'une acquisition du portail au prix annoncé en février faisait toujours du sens pour les actionnaires des deux entreprises.
Microsoft a joué un rôle autrement plus actif dans la démission de Jerry Yang. Sentant Yahoo lui échapper alors que le portail violet annonce un partenariat publicitaire avec Google, le fabricant de systèmes d'exploitation se lance dans une intense opération de lobbying à Washington pour bloquer l'accord. Ainsi, en juillet dernier, le directeur juridique de Microsoft, Brad Smith, ne ménageait pas sa peine, détaillant aux membres du Congrès américain les conséquences néfastes pour le marché US de l'e-pub d'un tel partenariat.
Ce lobbying a finalement porté ses fruits : sous la pression des autorités américaines de la concurrence, Google a finalement préféré jeter l'éponge, laissant Yahoo seul face à ses difficultés.