Google laisse tomber les moteurs de recherche solidaires

Les moteurs de recherche solidaires qui partagent leurs revenus avec des bonnes causes ne peuvent plus compter sur Google. Pour lui, ces sites sont de véritables nids à fraudeurs aux clics. Explications.

Depuis quelques semaines, Google coupe petit à petit les vannes aux moteurs de recherche solidaires. Ces moteurs, qui se multiplient dans le monde ces derniers mois, se positionnent sur le créneau de la recherche solidaire. Leur principe : proposer sur leur site les services de plusieurs moteurs de recherches (Google et Yahoo en général), et se rémunérer à partir des liens sponsorisés diffusés par ces derniers. En échange, ils reversent une partie de leurs recettes à une bonne cause. En France, Veosearch reverse ainsi 50 % de ses gains à des associations, alors que l'australien Ecocho.com, présent dans 19 pays, propose de planter 2 arbres toutes les 1.000 recherches effectuées sur son site.

 

Seulement voilà, le 22 avril, jour de la journée de la terre, Google coupait l'accès à Ecocho.com, quelques jours après le lancement du site. Depuis, la même mésaventure est arrivée il y a quelques jours au français Veosearch. Les autres, comme Hooseek.com, attendent la sanction. "Cela a été une surprise complète, explique Guillaume Heintz, co-fondateur de Veosearch. Google nous a coupé l'accès à ses services du jour au lendemain, sans même nous prévenir."

 

Une décision d'autant plus étonnante que Google, travaille beaucoup sa communication au travers du thème du développement durable (le groupe investit des centaines de millions de dollars dans les énergies renouvelables). Sans parler de l'intérêt commercial que représentent pour lui ces sites surfant sur la mode du "vert" et diffusant ses mots clés. Seul hic, selon Google, les moteurs solidaires ne respectent pas sa charte d'utilisation.

 

Ainsi, Google leur reproche de déprécier la qualité de son réseau de liens sponsorisés. Et donc, de risquer de faire baisser les prix des mots clés achetés par les annonceurs. En effet, de par la nature de ces moteurs, des utilisateurs pétris de bonnes intentions, sont quelquefois tentés de cliquer au hasard sur quelques liens sponsorisés afin de donner un peu plus d'argent à de bonnes œuvres. Mais pour Google, ces clics ont un gros défaut : ils ne sont ni pertinents, ni qualifiés pour l'annonceur qui a acheté le mot clé. Autrement dit, l'annonceur a payé pour rien. Et pour Google, il s'agit ni plus ni moins que de fraude aux clics, la hantise de Google (lire l'article : Fraude au clic : Google dévoile son dispositif de lutte, du 30/10/06).

 

Une idée rejetée par Guillaume Heintz. "Si c'était un problème, Yahoo ne se serait pas réengagé avec nous en signant un partenariat de trois ans. Au contraire, Yahoo nous garantit que les clics sur ses liens sponsorisés sont qualifiés. Les gens viennent sur notre site pour faire la même chose que sur un moteur classique : des recherches sur Internet, et pas cliquer sur des liens sponsorisés. Je ne comprends vraiment pas." Tout comme les utilisateurs de ces moteurs solidaires qui risquent de ne pas comprendre le message du PDG de Google, Eric Schmidt, qui déclarait mercredi lors d'une conférence : "le but de Google n'est pas de tout monétiser, mais de changer le monde."

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