Le fondateur de Sarenza se relance avec Toofoot

A la fois réseau social thématique et outil collaboratif, Toofoot.com s'adresse au monde du foot amateur. Son modèle économique s'inspire du sponsoring des professionnels.

 

De la chaussure au ballon. Moins d'un an après s'être fait débarqué de Sarenza (lire L'ex PDG d'AOL prend la direction d'un Sarenza en pleine crise, du 14/03/07), Francis Lelong montre qu'il sait rebondir en lançant Toofoot.com, un site communautaire dédié au football amateur. L'entrepreneur s'est associé pour cela avec Gilles Wagnon, cofondateur de l'agence conseil en marketing sportif Koroibos et Arnaud Leblanc, ancien de l'éditeur de logiciels Mediadoc.

 

"Après Sarenza, je suis reparti très vite dans un projet de création d'entreprise", explique Francis Lelong. Si vite que les premiers contacts remontent même à la période Sarenza. Gilles Wagnon lui avait alors soumis son idée : reproduire en ligne les albums d'autocollants de foot Panini. Après son départ du chausseur en ligne, les deux hommes se retrouvent et changent de concept. S'inspirant du succès de Rivals ou Fan Nation aux Etats-Unis, ils abandonnent l'album Panini pour créer un site communautaire.

 

Au-delà du réseau social, avec ses éléments classiques comme le forum, Toofoot se distingue surtout par les outils mis à disposition des équipes de foot. "Nous nous adressons d'abord aux pratiquants, au football amateur plus qu'aux amateurs de football, indique Francis Lelong. Il y a en France 2 millions de licenciés, 19.000 clubs amateurs et 250.000 coaches". 

 

Toofoot apporte à ces équipes - des communautés déjà existantes - une gamme de plus de 200 fonctionnalités en ligne. Les joueurs peuvent par exemple trouver leurs statistiques personnelles, situer les terrains où ils iront jouer, les parents accéder à des informations pratiques (le co-voiturage sera bientôt organisé), et les entraîneurs peuvent communiquer avec leurs joueurs et organiser les entraînements. Un accès est également réservé aux arbitres pour échanger après les matchs. Le site contient des espaces fermés ("le vestiaire") et ouverts ("la buvette").

 

Au-delà de ces outils collaboratifs, Toofoot se distingue par son modèle économique. "Il est très difficile de faire de la publicité sur les sites communautaires, les membres ont tendance à la rejeter et les annonceurs se méfient d'un contenu changeant", explique Francis Lelong. Des bannières classiques apparaissent cependant mais pour gagner de l'argent, le site compte passer par des "sponsors". Pour accéder gratuitement à sa communauté, chaque joueur amateur doit signer un contrat avec six marques de sport qu'il choisit parmi les partenaires de Toofoot (12 actuellement mais le site en espère 30 en juin). Ces marques apparaissent alors dans les espaces personnels des joueurs. Elles peuvent aussi mettre en place un programme relationnel avec eux en leur offrant par exemple des bons de réductions sur leurs articles.

 

Francis Lelong vise 50.000 membres fin 2008, soit la moitié de ce qu'il faut pour atteindre l'équilibre. Il mise sur l'effet viral mais aussi sur des partenariats. Des discussions seraient en cours avec notamment un "grand groupe média très présent dans le foot". Si le succès est au rendez-vous, Toofoot, qui a levé 500.000 euros auprès de nombreux business angels, compte se lancer à l'étranger toujours avec un important partenaire média.

Collaboratif / Sarenza