Les Belges pourront parier sur Roland Garros

La justice belge a débouté la Fédération française de tennis de sa demande d'interdire les paris en ligne sur les résultats des matchs de Roland Garros. Une même procédure est en cours en France.

Roland Garros pourra finalement faire l'objet de paris en ligne en Belgique. Lundi 28 avril, le tribunal de première instance de Liège a débouté par trois fois la Fédération française de tennis de sa demande d'interdictions de paris en ligne concernant son tournoi phare. En février dernier, l'organisation sportive avait attaqué préventivement trois opérateurs de paris, Bwin, Betfair et Ladbrokes (lire Paris en ligne : la FFT veut faire le ménage avant Roland Garros, du 27/02/08). Chacun d'entre eux a obtenu gain de cause.

 

La European Gaming and Betting Association (EGBA), qui regroupe des acteurs du marché des jeux d'argent en ligne se félicite de cette décision. "La justice belge n'a fait que confirmer la réalité de la pratique des paris en ligne", estime sa secrétaire générale, Sigrid Ligné. "Le tribunal de Liège a reconnu que les titulaires de licences accusés de parasitisme par la FFT sont en fait des acteurs responsables." Le tribunal de Liège a en effet relevé la mise en place de procédures permettant d'empêcher la prise de paris anonymes et d'assurer la traçabilité des flux financiers.

 

Ironie du sort : une des trois sociétés accusées, Bwin, fait partie de la European Sport Security Association (Essa). Ce label de sécurité créé par les opérateurs de paris résidant au sein de l'UE, a pour vocation de détecter les évolutions inhabituelles prises de paris. Or l'association compte justement parmi ses partenaires sportifs l'ATP (Association of Tennis Professionals), qui supervise l'ensemble des plus grands tournois professionnels masculins, dont Roland Garros.

 

Ces premières décisions pourraient par ailleurs anéantir les espoirs de la fédération française de tennis de créer un courant jurisprudentiel au niveau européen. La FFT envisage également d'intenter une action en référé en Allemagne. Une autre procédure sur le fond a également été ouverte auprès du tribunal de grande instance de Paris. Cette tentative semble d'autant plus compromise que la France doit annoncer dans les prochaines semaines son plan d'ouverture "maîtrisée" du marché des paris en ligne.

 

A l'origine des plaintes de la FFT, la multiplication des paris concernant les rencontres sportives qu'elle organise. La fédération, qui ne perçoit rien des sommes jouées sur les plates-formes de paris estime que ces jeux de hasard la desservent. Le directeur général de la FFT, Jean-François Vilotte affirmait en février dernier que "le manque de contrôle et de transparence de la part d'opérateurs de paris souvent établis dans des paradis fiscaux, créent les conditions objectives d'un trucage généralisé de certaines rencontres sportives".

 

Si la fédération française de tennis déplore ces décisions en référé, elle relève cependant qu'elles ne concernent que la question de l'urgence de l'interdiction des paris. La FFT, qui n'a pas encore décidé de faire appel ou non de ces trois arrêts, attend pour l'instant le verdict de la justice française, saisie de la même affaire mais sur le fond cette fois.

 

La bataille judiciaire ne semble faire que commencer entre la FFT et les opérateurs : le 9 avril dernier, Bwin a à son tour assigné la FFT pour diffamation devant le tribunal de grande instance de Paris. La société basée à Gibraltar n'a visiblement pas digéré les accusations proférées par l'organisation sportive qui faisait le lien entre elle et la corruption dans le sport. Le service a désormais changé de côté.

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