Va-t-on vers l'explosion d'une bulle Internet 2.0 ? Une nouvelle bulle en formation aux Etats-Unis ?

Sociétés récemment introduites sur le Nasdaq
EntreprisesCA 2010 (en millions de dollars)Valorisation / CARésultat net (en millions de dollars)Valorisation / RésultatValo estimée (Mds dollars, le 20/06/11)
Source : JDN
DemandMedia252,94,7-5,3-1,2
Renren76,539,2-64,1-3
Pandora137,816,6-1,8-2,3
Yandex44521,713571,89,7
LinkedIn243,123,415,43705,7

 

"Une bulle apparaît lorsque trop d'argent se concentre sur un même secteur", explique Pascal Mercier, managing partner et spécialiste en levée de fond chez Assya Corporate Finance. Pour lui, c'est le cas aujourd'hui puisque beaucoup d'argent se concentre sur le late stage et très peu sur le early stage : "aujourd'hui, on observe même des fonds se spécialiser sur le "Super Late stage". Ces fonds conduisent à surévaluer certaines entreprises, pourtant déjà bien valorisées. Rodrigo Sepulveda cite l'exemple du fond d'investissement d'Andreessen-Horowitz (Skype, Groupon, Facebook...) ou celui du Russe Yuri Milner, DST (Zynga, Facebook, Groupon...).

 

Pour ce dernier, on est peut être au début d'une bulle aux US si on ne fait pas attention : "si un fonds d'investissement investit son argent et le perd, ce n'est pas grave car c'est un professionnel avisé et il fait ce qu'il veut de son argent, ce qui est dangereux c'est lorsque ces investissements sont aussi accessibles aux particuliers". Autrement dit que ce soit à travers les banques ou à travers la bourse, en cas d'éclatement de la bulle, c'est le particulier qui perdra son argent. Peter Yared, serial entrepreneur et blogueur, résume simplement sur son blog "on est en présence d'une bulle lorsque votre grand-mère peut investir".


"Facebook n'est pas survalorisé contrairement à LinkedIn ou Pandora"

Mais qu'en est-t-il réellement et quelle entreprise est survalorisée ? Parmi les sociétés qui se sont récemment introduites sur le Nasdaq, Linkedin est valorisé 370 fois ses bénéfices, Yandex, 72 fois quant à DemandMedia, Renren ou Pandora, elles n'ont toujours pas atteint la rentabilité. "20 fois le bénéfice ça va, mais là c'est délirant", tranche Rodrigo Sepulveda. Il prend également l'exemple de Groupon, qui avec ses 413 millions de dollars de pertes en 2010 prépare une introduction en bourse de plus de 20 milliards de dollars, ou d'Airbnb com valorisé près d'1 milliard de dollars trois ans après sa création.

 

rodrigo sepulveda, créateur de vpod.
Rodrigo Sepulveda, créateur de Vpod. © R.Sepulveda

Et qu'en est-il de Facebook ? La plus grande réussite du Web 2.0 Vaut-elle vraiment 100 milliards de dollars ? Si le chiffre paraît démesuré, Facebook est sans doute la plus belle réussite du Web depuis Google. Présent dans le monde entier et réunissant 700 millions d'utilisateurs, la société aurait réalisé un chiffre d'affaires proche de 2 milliards de dollars l'année dernière, pour près de 500 millions de bénéfices. Et Facebook n'est est qu'au début de se croissance économique. Certains analystes prévoient d'ailleurs qu'il réalisera 800 millions de dollars de bénéfice cette année.

Etats-Unis / Capital risque