Pourquoi la France a doublement besoin d'un Chief Data Officer

Chief Data Officer de l'Etat Le gouvernement va créer un poste d'administrateur général des données avant la fin du mois de juin. Une bonne nouvelle à la fois pour la modernisation de l'Etat et le développement de l'open data.

D'ici la fin du mois de juin, la France aura son Monsieur Data. La ministre de la Réforme de l'Etat et de la Fonction publique, Marylise Lebranchu a annoncé ce mercredi 21 mai en conseil des ministres la nomination prochaine d'un "administrateur général des données", poste plus connu sous le terme anglais de chief data officer (CDO). Henri Verdier, actuel patron d'Etalab, l'agence en charge de la politique open data du gouvernement, est fortement pressenti pour ce poste.

Cette décision - une première en Europe - est surprenante tant la fonction est encore assez peu répandue dans le secteur privé. Dans une étude publiée en janvier dernier, le cabinet Gartner dénombre à peine plus d'une centaine de CDO dans les grandes entreprises à travers le monde. Et d'ici l'an prochain, seulement une multinationale sur cinq devrait disposer d'un chief data officer, à en croire l'institut. Le fait qu'un gouvernement adopte aussi rapidement une tendance encore très récente dans le privé mérite donc d'être salué.

Un droit à la "data perquisition"

Outre le caractère innovant de l'annonce, la décision du gouvernement est une double bonne nouvelle. D'une part, le futur chief data officer sera "autorisé à connaître les données détenues par l'administration de l'Etat et ses opérateurs". Ce droit à la "data perquisition" pourra être utilisé pour pousser l'administration à accélérer le rythme d'ouverture de ses données.

Actuellement Etalab ne dispose d'aucun pouvoir contraignant pour inciter l'administration à libérer ses données. Malgré les trésors de pédagogie mis en œuvre par Etalab, de nombreuses administrations se sont surtout pressées de publier les données qui les arrangent pour garder sous le boisseau les quelques données les plus sensibles et les plus souvent demandées. Espérons que le nouveau CDO, en mettant son nez dans les données de l'Etat, pourra comme l'appelait de ses vœux Marylise Lebranchu en avril dernier, "développer une nouvelle culture de la donnée publique au service des citoyens".

Et au-delà de l'ouverture des données publiques, la création d'un CDO est aussi une bonne nouvelle pour l'Etat lui-même. L'administrateur général des données aura en effet pour tâche d'organiser le décloisonnement des données au sein de l'administration et de "veiller à la production ou à l'acquisition de données essentielles" afin d'éclairer la décision publique. En d'autres termes, faire émerger une réelle "culture de la donnée" au service de l'amélioration des politiques publiques.

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