Le piratage coûterait 5 700 emplois à l'industrie culturelle

Alors que les députés examineront en janvier 2009 le texte du projet de loi Création et Internet voté par le Sénat fin octobre, une étude chiffre l'impact du piratage sur Internet pour l'industrie culturelle. Le téléchargement illégal en France lui aurait coûté 1,3 milliard d'euros en 2007. C'est la conclusion des cabinets de conseil Tera Consultants et Equancy, à partir de chiffres du Snep pour la musique et de l'Alpa (Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle) pour le cinéma. Elle considère que 10 % des téléchargements illégaux remplacent des achats légaux et calcule ainsi le manque à gagner pour quatre secteurs culturels. 

Le cinéma serait le plus touché avec 605 millions d'euros de recettes perdues. D'après l'étude, cela correspond à 2 400 emplois directs. L'industrie musicale aurait de son côté perdu 369 millions d'euros, soit 1 600 emplois. Le préjudice pour les chaînes de télévision s'élèverait à 234 millions d'euros, ou 950 emplois. Dernier secteur étudié, l'édition aurait perdu 147 millions d'euros l'année dernière, soit 750 emplois. 

Au total, le coût du piratage pour l'industrie culturelle atteindrait donc 1,3 milliard d'euros en 2007. Et ce sont 5 700 emplois qui ont ainsi été détruits. En incluant les emplois indirects, plus de 10 000 postes auraient été perdus en France. Les auteurs de l'étude estiment que les offres d'accès Internet haut débit à 30 euros par mois favorisent "un écosystème" pour la copie illégale.

Malheureusement, l'étude ne prend pas en compte l'apport positif des offres légales de musique et de vidéo notamment, en fort développement. Le téléchargement payant de musique aurait progressé de 42 % entre les premiers semestres 2007 et 2008, a indiqué le Snep en septembre, à 19,1 millions d'euros. La musique dématérialisée représenterait désormais 4,3 % du marché, contre 1,9 % en 2006.

Snep