Exposées à la crise des marchés financiers, les valeurs françaises du Cac IT 20 pâtissent de la morosité ambiante. Le titre de la maison mère de Free, Iliad, a ainsi perdu près de 19 % de sa valeur depuis le 29 septembre. Sur un an, c'est plus du tiers de sa valeur qu'a perdu l'action Iliad. En l'espace de dix jours, la valorisation de France Télécom a également été diminuée de quelque 3,7 milliards d'euros. Le site de rencontres Meetic et le groupe de marketing interactif 1000mercis chutent d'environ 21 % sur dix jours. L'e-commerçant Rueducommerce accuse une baisse de 10,5 %.
| | Les pertes des sociétés IT françaises cotées | |
| | Entreprise | Valorisation au 09/10 | Perte sur 10 jours | Perte sur 2008 | |
| | Iliad | 2,5 milliards d'euros | - 18,9 % | - 35,5 % | |
| | Meetic | 163,2 millions d'euros | - 21,9 % | - 62,5 % | |
| | 1000mercis | 57 millions d'euros | - 21,0 % | - 42,3 % | |
| | France Telecom | 48 milliards d'euros | - 7,3 % | - 25,4 % | |
| | Rue du Commerce | 37 millions d'euros | - 10,5 % | - 53,8 % | |
| | Source : Journal du Net | |
Une dégringolade qui coupe désormais toute envie à une société IT de s'introduire en Bourse. "Nous sommes contents de ne pas être en Bourse en cette période", confie Olivier Mathiot, cofondateur et directeur marketing et communication de PriceMinister dont l'IPO (introduction en Bourse) est annoncée et attendue depuis plus de deux ans. "L'IPO était un projet parmi d'autres pour permettre aux investisseurs de sortir du capital, de lever des fonds et de changer de statut d'entreprise start-up, explique Olivier Mathiot. Aujourd'hui, l'IPO n'est plus notre priorité."
Des conséquences à minimiser
"Les cours de Bourse ne reflètent en aucune façon l'activité économique de l'entreprise ni ses fondamentaux économiques, explique Robert de Vogüé, président de la société de Bourse Arkeon Finances. Or les sociétés françaises high tech cotées ont des fondamentaux économiques stables." "Elles ont toutes atteint un bon niveau de rentabilité", renchérit Cédric Baumer, directeur associé de la filiale française de la banque d'affaires britannique Close Brothers.
Au final, cette dévalorisation boursière ne les affectera que si elles ont de nouveaux besoins importants de financement, de trésorerie ou de liquidités. Ce qui, selon Robert de Vogüé, n'est pas le cas dans l'immédiat.
Quid, en revanche, des start-ups en phase de développement, qui n'ont pas encore atteint le seuil de la maturité ? Comment vont-elles désormais financer leur développement et leur croissance ?