Fabrice Deblock (CCM Benchmark Group) "Les médias considèrent les réseaux sociaux comme des apporteurs de trafic"

A l'approche de la conférence 'La révolution des contenus en ligne', Fabrice Deblock, directeur d'études au sein de CCM Benchmark Group (éditeur du JDN), évoque les nouveaux enjeux du secteur.

JDN. Pourquoi une conférence sur les contenus en ligne ?

Fabrice Deblock. Parce que le secteur est en pleine période de changements, autant en termes de production de contenus que de diffusion de ces derniers. De nouvelles questions se posent : comment émerger face à l'inflation des pages disponibles ? Quelle dose de social injecter dans les contenus ou dans la façon de les produire ? Faut-il créer des contenus mobiles spécifiques en fonction des écrans ? L'écosystème du Web évolue et il faut s'adapter. Les moteurs de recherche, par exemple, intègrent de plus en plus les sites sociaux, comme Facebook ou Twitter ainsi que les avis de consommateurs. S'il faut adopter une stratégie spécifique pour le référencement, elle doit aussi intégrer les réseaux sociaux, et vice-versa. La conférence traitera notamment de ces sujets.

 

Quels sont les nouveaux modèles de production de contenus ?

Le premier qui vient à l'esprit est celui de Demand Media qui a industrialisé le processus de production de contenus pour cibler les requêtes populaires dans les moteurs. Le modèle a pris un coup avec la récente modification de l'algorithme de Google et il va être intéressant de voir comment les fermes de contenus vont réagir. Il y a aussi l'UGC. Ce n'est pas un nouveau modèle mais il prend de plus en plus d'importance. Le fait qu'Accor Hotels publie sur son site Accorhotels.com les avis des membres de TripAdvisor concernant ses hôtels en est la preuve. En règle générale, les médias considèrent les réseaux sociaux comme des apporteurs de trafic. Ils les utilisent pour renvoyer de l'audience vers leurs propres sites, mais ils en oublient l'aspect communautaire.

 

Comment s'adaptent les éditeurs à cette nouvelle donne ?

Toute la question est de trouver un moyen de profiter de ces mécanismes communautaires sans se faire déposséder de sa relation avec ses lecteurs. Si l'audience est apportée par des moteurs, Google News ou d'autres agrégateurs, Facebook et Twitter, les éditeurs ne gèrent plus directement leur audience. Il y a donc un problème de partage de la valeur, il faut que la relation aille dans les deux sens. Mais cette redistribution des cartes profite aussi à de nouveaux acteurs, comme les fermes de contenus.

 

La conférence 'La révolution des contenus en ligne' se tiendra toute la journée du 5 avril à Paris.

Autour du même sujet