2015 : le démantèlement de Google ? Une stratégie de lobbying bien rodée

Pour préserver ses intérêts, Google a considérablement accru ses investissements en opérations de lobbying aux Etats-Unis à partir de 2006-2007, années à partir desquelles le moteur a quasiment doublé ses dépenses chaque année jusqu'en 2010. Sur les trois premiers trimestres de 2010, Google a investi près de 4 millions de dollars dans sa politique d'influence à Washington, soit presque autant que sur l'ensemble de l'année 2009. Le moteur de recherche arrive ainsi en troisième position des groupes IT en termes d'investissements de lobbying, derrière Microsoft (5,2 millions de dollars) et Hewlett-Packard (5,1 millions). 

 

La stratégie d'influence de Google s'exerce également en France. Il y a quelques mois, l'agence de relations publiques Image 7, dirigée par Anne Méaux – conseil de PPR, Arcelor-Mittal ou encore Casino – conviait quelques happy few à la Maison des Polytechniciens. Parmi les invités : une universitaire française, des journalistes en vue dans la blogosphère, le patron du Centre d'analyse stratégique (ex-Commissariat général au Plan). Du côté des invitants : deux représentants de Google venus des Etats-Unis et Olivier Esper, lobbyiste en chef de Google France.  

 

Objectif de ce dîner informel : répondre aux "interrogations" des invités sur l'épineuse question des données personnelles et de la vie privée. Parmi les Googlers américains, l'un est spécialisé dans la technique, l'autre dans le juridique, ce qui permettait d'aborder le thème sous les deux angles. Les questions fusent mais la discussion ressemble plus à une séance de formation qu'à un débat. Car Google a une vision très précise de la vie privée : le moteur collecte par défaut des informations sur ses utilisateurs. Libres à ceux qui ne le souhaitent pas de choisir l'opt-in.  

 

Peut-on parler de lobbying ? Pas vraiment car l'objectif de la soirée n'est pas de modifier une loi en cours de préparation, mais plutôt d'influencer les voix les plus fortes sur un sujet afin, le moment venu et en cas de levée de boucliers contre le moteur, de disposer de relais dans l'opinion. Reste à savoir si ces rendez-vous organisés par Image 7 sont bien compatibles avec le credo "Don't be evil" de l'entreprise...

Microsoft / Juridique