Google s'attaque aux éditeurs allemands

Près de 250 sites de journaux, télévision et radio ne verront plus apparaître que les titres de leurs articles sur le moteur de recherche du géant. Exit les photos et accroches.

Nouvel épisode dans le bras de fer qui oppose, depuis maintenant plusieurs mois, Google à la presse allemande. Le géant de l'Internet vient d'annoncer qu'il allait priver près de 250 sites médias d'un affichage complet dans son moteur de recherches. "Nous ne montrerons plus les "Snippets" (premières lignes de l'article) et les "Thumbnails" (images miniatures) de sites Internet connus tels que bild.de, bunte.de ou hoerzu.de, et de chaque éditeur qui est représenté par VG Media", a revendiqué le patron de Google Allemagne, Philipp Justus, dans une note de blog.

Une mesure effective à partir du 9 octobre et qui cible directement VG Media, coalition de plusieurs éditeurs allemands particulièrement virulents vis à vis de Google qu'ils accusent de non-respect de la propriété intellectuelle. En Allemagne, une loi baptisée "Lex Google" et applicable depuis le 1er août 2013 stipule en effet que seuls de petits morceaux de textes peuvent être utilisés gratuitement. Une loi plutôt controversée qui permet donc à la coalition allemande de réclamer une rémunération à Google, pour utilisation de ses photos et accroches. (chose faite en juin dernier auprès d'un tribunal munichois). Une loi à laquelle Google à décider de se conformer, en l'appliquant au pied de la lettre et privant les éditeurs d'une part substantielle de leur trafic.  

Ces plaintes s'inscrivent dans le cadre d'un climat de défiance très marqué à l'égard de Google, en Allemagne, mais plus largement en Europe ou des initiatives telles que l'Open Internet Project ou le Focus on the user de Yelp stigmatise l'abus de position dominante exercée par le géant d'Internet grâce à son moteur de recherche.

En France, l'opportunité de taxer les moteurs de recherches qui agrègent les actualités issues de sites d'information s'étaient également présentée fin 2012, la ministre de la Culture de l'époque, Audrey Filippetti s'y disant même favorable. Google avait rapidement calmé les esprits en menaçant de ne plus référencer les médias français si une telle taxe voyait le jour. En contrepartie, le groupe américain avait accepté de lancer un fonds d'aide à l'innovation numérique de la presse.

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