L'Irlande réfléchit à filtrer Internet


A l'instar de la France, le gouvernement irlandais envisagerait de filtrer Internet. Premiers visés : les sites pédopornographiques et ceux de jeux d'argent.


D'après des documents officiels obtenus par l'organisation Digital Rights Ireland, le gouvernement local envisagerait de mettre en place un système de filtrage du Web. L'organisation a pu se procurer ces documents en demandant au ministère de la Justice de lui communiquer tout projet de filtrage du Web. Une requête permise par le Freedom of Information Act, qui autorise tout citoyen irlandais à demander d'accéder aux documents édités par l'administration et l'Etat.

Pour le moment, l'existence d'un tel projet n'a été ni confirmée ni infirmée officiellement. Toutefois, les documents transmis - ainsi que la liste de ceux pour lesquels le ministère a dû justifier son refus de les communiquer - montrent que le gouvernement irlandais a examiné de près les expérimentations menées par l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Il apparaît de plus que le ministère a commencé à réfléchir à la façon de mettre en place un système de filtrage en Irlande. Figurent ainsi dans les documents les comptes-rendus de rencontres avec les opérateurs Vodafone et 3 ainsi qu'avec la police irlandaise portant sur la mise en place de filtres.

Si la plupart des documents abordent le filtrage des sites pédopornographiques, celui des sites de jeux d'argent fait aussi l'objet de réflexions. Les documents du ministère de la Justice incluent en effet un e-mail envoyé aux services en charge du contrôle des casinos et des jeux d'argent.

Dans la loi "jeux en ligne" adoptée par les députés français début avril, l'article 50 vise lui aussi à mettre en place des mesures de filtrage des sites non autorisés de jeux ou de paris. Des mesures dénoncées comme privatives de libertés par plusieurs associations de défense des internautes. Quant au filtrage des sites pédopornographiques, il a été voté par l'Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi Loppsi, qui doit encore être adopté mi-avril par le Sénat (lire l'article Loppsi : les députés valident le filtrage du Web, du 12/02/2010).

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