Capital-risqueurs cherchent avenir désespérément Quelles propositions apporter ?

"Gilles Babinet, le président du Conseil national du numérique a précisé à maintes reprises que le capital-risque français est encore jeune et que si le secteur se voit brutalement freiné, il risque de s'effondrer" rapporte Jean-David Chamboredon. Et les acteurs du capital-risque français sont d'accord pour dire que très peu de parlementaires comprennent leur activité. "Ils ont même l'impression que l'e-commerce tue de l'emploi alors que le numérique est une économie à chômage négatif". Une critique moins prononcée à l'Afic : "Depuis un an, le corps parlementaire prend de plus en plus conscience de l'intérêt des sociétés de gestion de fonds" souligne Eric Harlé.


sabine fillias, associé chez chausson finance
Sabine Fillias, associé chez Chausson Finance © Chausson Finance

Pour Sabine Fillias, l'important est de maintenir un système d'investissement décentralisé, constitué de multiples acteurs. "La création d'un guichet unique peut s'avérer traître". Constatant que quelques investisseurs sont déjà traumatisés par certains modèles de start-up et ne réinvestiront plus dans des sociétés similaires, elle estime que si le nombre d'équipes de gestion diminue, les investissements seront alors encore moins diversifiés. "On peut alors émettre l'idée que les équipes de gestion soient davantage rémunérées en fonction de leurs performances et que leur frais de gestion soient en contrepartie diminués" ajoute-t-elle. Une proposition qui amènerait les fonds à être plus exigeants dans leurs sélections, mais peut-être plus performants. Il n'est cependant pas certain que la profession trouve un consensus sur ce point.




Décloisonner le débat


 

François Lainée estime que la réflexion doit avant tout se décloisonner et être portée par l'ensemble des acteurs, y compris avec les dissidents de l'écosystème. "Car repenser les outils un par un aura pour unique conséquence de les compliquer". Et en période de crise, l'investissement dans les sociétés à forte croissance nécessite avant tout de la flexibilité. "Il faut également remettre à plat le mode de rémunération des business angels, qui ont une partie de leurs capitaux immobilisés, en proposant par exemple de défiscaliser leurs dividendes qui pourraient alors être mieux réinvestis".

Une vision partagée par l'Afic qui note que les pouvoirs publics ont trop tendance à isoler les véhicules d'investissements les uns des autres dans leur appréhension du financement de l'innovation. L'association espère ainsi apporter des propositions portant notamment sur une diminution des frais de distribution des capitaux aux équipes de gestion. Mais pas uniquement : l'Afic soumettra le 28 mars prochains cinq propositions de mesures à l'ensemble des candidats et des parlementaires.

Capital risque / PME