Usine 2.0 : comment le digital va révolutionner l'industrie La révolution a déjà commencé

nancy bidouille création construction organise des ateliers 'open mercredi' dans
Nancy bidouille création construction organise des ateliers "open mercredi" dans son makerspace. © NYBI.CC

La digitalisation de la conception et de la fabrication d'objets est déjà une réalité. Aujourd'hui, il existe déjà plus d'une centaine de « makerspace » (des ateliers fournissant des moyens de fabrication à tout un chacun) dans le monde et ils se développent à une vitesse incroyable. Shanghai est en train d'en développer plus de 100. De nombreux makerspace sont mis en place par des communautés locales mais on trouve également une chaîne commerciale, TechShop, qui a été fondée par un ancien dirigeant de Kinko, l'enseigne de photocopie et d'impression. Son objectif est de rendre TechShop aussi répandu que les boutiques de photocopies ! Etsy, la place de marché pour tous les fabricants indépendants a quasiment un million de vendeurs qui ont réalisé 500 millions de dollars de chiffre d'affaires. La Maker Faire, le rassemblement annuel de tous ceux qui veulent partager ou apprendre à fabriquer, a réuni 100 000 personnes à San Mateo. Le gouvernement Obama a déjà reconnu l'importance du mouvement en prévoyant, en début d'année, de construire des makerspaces dans 1000 écoles américaines d'ici à 4 ans et de les équiper d'outils de fabrication comme des imprimantes 3D et des découpeurs laser.

En parallèle, le mouvement de « l'open hardware », se développe et fait pour les biens matériels ce que l'open source a fait pour le logiciel. Tout comme des communautés de programmeurs ont créé Linux ou Firefox, de nouvelles communautés de fabricants en font de même avec l'électronique, les instruments scientifiques, l'architecture et même les outils destinés à l'agriculture. Il y a des dizaines d'entreprises fondées sur l'open hardware qui réalisent des millions d'euros de chiffre d'affaires chaque année, dont celle de Chris Anderson (3D Robotics), l'auteur de Makers. Par exemple, Arduino a vendu des millions d'exemplaires de sa carte à microcontrôleur.
Le mouvement a pu démarrer grâce aux sites de crowdfunding, comme Kickstarter où, en 2011, 12 000 projets ont réussi à lever près de 100 millions de dollars. En 2012, on devrait atteindre les 300 millions de dollars. Les fonds d'investissement ne s'y sont pas trompés : ils ont investi 10 millions de dollars dans Kickstarter, dans MakerBot (une entreprise qui fabrique des imprimantes 3D en open hardware) et dans Shapeways (un service d'impression 3D en ligne).

Et les plus grandes entreprises du monde du design et de la conception sont en train d'y passer : Autodesk, PTC et 3D Systems ont développé des logiciels de design gratuits connectés à des services d'impression 3D et de découpe laser. Tout comme IBM qui, il y a une génération, est passé des mainframes aux ordinateurs personnels, ces entreprises ont compris que leur futur réside dans la grand public. Elles font pivoter leur modèle économique des entreprises vers monsieur tout le monde.
Comment fonctionnent ces logiciels de création 3D ? Finalement tout comme les outils de gestion de photo – Picasa ou iPhoto – que vous utilisez déjà. Ces outils comportent un menu qui vous permet de choisir si vous désirez imprimer vos photos sur votre imprimante personnelle ou via un service en ligne. La même chose se produit pour la 3D : avec une carte de crédit vous pouvez demander à ce qu'un prestataire réalise vos produits et vous les envoie par la Poste.

Long tail / Imprimante 3D