Comment le Quantified Self va s'immiscer dans votre quotidien Deux objectifs : l'analyse et le partage des données

Les outils se multiplient certes, mais pourquoi s'astreindre à cette mesure de soi ? "La mesure de soi a toujours existé, par exemple on s'est toujours pesé, rappelle Emmanuel Gadenne, manager chez Sopra Consulting et auteur du 'Guide pratique du Quantified Self' paru chez FYP Editions. Mais il était jusqu'à présent impossible de disposer d'une courbe de poids sur 20 ans et de comprendre les raisons de son évolution." Selon le spécialiste, les raisons de recourir à ces outils sont multiples. On peut souhaiter améliorer la qualité de son dialogue avec son médecin ou son nutritionniste, comme on peut vouloir se fixer des objectifs à soi-même et se motiver en suivant et en partageant l'évolution de ses résultats.

"Imaginons que votre médecin vous demande d'être attentif à votre cholestérol, qui ne nécessite pas pour autant un traitement, explique Emmanuel Gadenne. Le quantified self offre une pléiade d'outils permettant de voir comment s'y prendre et pourquoi vos efforts portent leurs fruits ou non." Le recours à ces outils peut être ponctuel - pour comprendre et modifier son comportement - ou au long cours - pour tenir ses objectifs. Sans compter que ces applications, souvent gratuites ou presque, et même les capteurs souvent commercialisés autour de 100 euros, coûtent toujours moins cher que le suivi d'un nutritionniste.

L'analyse de ces données repose principalement sur des infographies, qui permettent de visualiser rapidement les périodes de bonnes ou mauvaises performances et le contexte qui leur est corrélé. D'autant que les données sont généralement exportables : si l'on arrête d'utiliser Withings, on peut tout à fait emporter ses données sur une autre plateforme.

Quant au partage des données, il est bien sûr le plus souvent optionnel. Ne serait-ce que parce que certaines applications, médicales notamment, ont une vocation plus personnelle que d'autres. Dans tous les cas, créer un compte dédié à ses objectifs évitera d'inonder son réseau habituel de données qui les laisseront de marbre. "En réalité, l'étape de partage est utile pour recevoir d'une part des encouragements, d'autre part des conseils", souligne Emmanuel Gadenne.

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Actions populaires sur DidThis © DidThis

Certains outils ont même été conçus spécifiquement pour partager ces informations. C'est le cas de DidThis, plateforme éditée par Quantter permettant de partager ses actions sous forme de photo, à la façon d'Instagram. Vous faites un régime ? Vous partagez une photo de votre salade. L'utilisateur définit ses objectifs, partage ses efforts et entre en relation avec des personnes poursuivant un objectif similaire. "Ceux-ci, au lieu de faire un 'like' comme sur Facebook, font un 're-do' : cet effort les a inspirés eux aussi à faire un effort", souligne Emmanuel Gadenne.

A l'arrivée, l'ensemble de capteurs et applications dessinent un nouveau visage d'Internet. "Après l'essor de l'Internet des contenus avec Google, puis l'avènement de l'Internet des amis avec Facebook, nous disposons maintenant des outils pour dépasser ce stade et voir l'instauration de l'Internet des actions", affirme l'expert. Avec un seul guide pour toutes ces démarches d'auto-coaching : se montrer raisonnable au moment de fixer ses objectifs. "L'idée est de porter un regard bienveillant sur soi-même avec le recul que fournissent ces données chiffrées."

 

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