Comment réaliser un bon business plan pour lever des fonds Avant la rédaction du dossier : Se mettre à la place de l'investisseur

 3 à 5 minutes par dossier

C'est à peu près le temps que consacre un investisseur à lire un Business plan, s'il le lit. Autrement dit, il faut que votre dossier se démarque. Faites simple mais efficace. Soyez concis. Allez droit au but en  évitant  les banalités.


 Idéalement 20 pages, pas plus de 25

"Un investisseur ne supporte pas que la forme empêche une entrée rapide dans le fond" explique Guilhem Bertholet, responsable de l'incubateur HEC, serial entrepreneur et auteur du eBook "Ecrire un Business plan". Son conseil : 20 pages, idéalement sans annexe, au format vertical. A souligner également qu'aujourd'hui l'intégralité du dossier est rarement envoyé à l'investisseur, souvent seul l'envoi de l'Executive Summary suffit pour obtenir un rendez-vous (voir slide 2).

charles le tourneur, dirigeant et cofondateur d'alven capital
Charles Le Tourneur, Dirigeant et cofondateur d'Alven Capital © S. de P. / Alven Capital

 10% obtiennent un rendez-vous, 1% un financement

Pensez que vous n'êtes pas seul et que votre dossier est, de fait, en concurrence avec d'autres projets. Chipper Boulas, PDG de Boulas Venture (un fond d'investissement spéécialisé dans l'amorçage pour start-up)  ex- Mc Kinsey et ex- Vice président de la stratégie du groupe eBay, indique que "sur l'ensemble des dossiers que je reçois, seuls environ 10% obtiennent un rendez-vous pour 4 à 5 dossiers suivis par an".  Ce qui reste élevé puisque l'on estime à 1 projet financé pour 100 dossiers reçus.


 Passer le premier tri

Lorsque vous rédigerez votre dossier, gardez en tête que ce dernier passera entre les mains de plusieurs personnes avant d'être lu par le "décideur".  Guillaume Aubin et Charles Letourneur, co-fondateurs du fond d'investissement spécialisé dans le secteur de l'Internet Alven Capital, expliquent que "lors de la réception du dossier  il y a un premier tri fait par un de nos collaborateurs, puis le dossier est traité lors de nos conférences hebdomadaires".  Pour passer ce premier tri, Guilhem Bertholet conseille de: "faire attention à l'accroche, souvent pas assez travaillée par les entrepreneurs. Que ce soit une tournure de phrase dans un mail, ou à l'oral lors d'un entretien téléphonique ou physique, la première impression est capitale".


 Connaitre l'investisseur pour personnaliser son dossier

Avant de faire parvenir son dossier à un investisseur, il est impératif  de connaitre un minimum l'interlocuteur. Il faut par exemple distinguer un Business Angel, d'un fond de capital risque classique. "Le business Angel est à la recherche d'une aventure, il faut le faire rêver", explique Guilhem Bertholet. Un fond de capital risque prêtera plus d'attention à la rentabilité du projet. Enfin, des fonds d'investissement plus petits, qui investissent souvent dès l'amorçage (en "early stage"), doivent se sentir plus engagés dans votre démarche. Chipper Boulas conseille "il faut engager l'investisseur personnellement, qu'il sente qu'on est venu le chercher lui et pas un autre". Mieux vaut ainsi connaître les les secteurs dans lesquels il a investi et sa spécialité (réseaux sociaux, e-Commerce, Telecom, logiciel...).

Capital risque / Levée de fonds