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ACTU
21/12/2007
Petrossian.fr : une nouvelle version plus orientée produits
Petrossian n'a pas peur de l'e-commerce. Le traiteur et épicier de luxe a lancé en novembre 2007 une nouvelle version de sa boutique en ligne. Alors que la plupart des marques de luxe ont longtemps été frileuses quant à la vente en ligne, Petrossian n'a pas hésité à investir ce canal de distribution dès 2001. "Notre site ne pouvait être que marchand, affirme le président du groupe, Armen Petrossian. Beaucoup d'acteurs du luxe se contentaient à l'époque d'ouvrir des vitrines, alors que le vrai luxe était justement de vendre des produits au lieu de les présenter."
Six ans plus tard, Petrossian.fr en est déjà à sa quatrième version et son propriétaire a eu le temps pour travailler son mode de navigation. Objectif : amener en douceur le visiteur à l'achat. Dans la précédente version, l'internaute arrivait directement sur une page descriptive avec mention du prix lorsqu'il cliquait sur un produit. "L'approche était trop commerciale et trop agressive", reconnaît Armen Petrossian.
Le traiteur a donc préféré mettre l'accent sur la présentation de sa gamme avant de mettre en avant les produits. Avant d'être redirigé sur une fiche descriptive, l'internaute pourra donc découvrir l'ensemble des produits proposés par la maison parisienne. Cette subtile nuance a un autre avantage : faire connaître l'ensemble des produits que vend le traiteur (foie gras truffé, saumon fumé, vodka, etc.). Car si elle est réputée pour son caviar, la maison Petrossian ne réalise que la moitié de son chiffre d'affaire grâce aux œufs d'esturgeon.
Le site, développé en interne, a également revu son ratio images/textes. Exit les textes jugés "trop longs" de la précédente version, les illustrations prennent désormais plus de place sur l'ensemble des pages de Petrossian.fr. La nouvelle architecture est également l'occasion pour le traiteur de se doter d'un programme de fidélisation online, adossé à une lettre d'information disposant de 15.000 inscrits. "Nous ne souhaitons pas traiter notre clientèle Web différemment de celle qui fréquente nos magasins. Cependant, nous récompenseront nos clients les plus fidèles par le biais d'offres spéciales adaptées", indique Armen Petrossian.
A côté des sept boutiques et la cinquantaine de corners que possède le groupe à travers le monde, les revenus générés par le e-commerce restent encore modestes. Pour l'instant, la part Web des ventes du groupe oscille entre 8 % et 10 % de son chiffre d'affaires global, qui approche en 2007 les 40 millions d'euros. La vente en ligne reste encore essentiellement portée par l'activité aux Etats-Unis, où le traiteur fut l'un des pionniers du luxe en ligne en ouvrant dès 1996 sa première e-boutique.
En France, l'activité Web est encore timide, concède Armen Petrossian. Le site Petrossian.fr, qui a reçu la visite de 28.000 visiteurs uniques en mars dernier, ne dispose pas d'un trafic suffisant pour être systématiquement pris en compte par Nielsen//Netratings. Reste que pour une niche d'hyperluxe, le trafic n'est pas l'élément le plus significatif pour apprécier le succès d'un site. Armen Petrossian assure en tout cas de son côté qu'en France "les ventes commencent à décoller."
Les acheteurs en ligne habituels sont majoritairement issus de la catégorie des CSP++. Le site francophone du groupe a cependant séduit une clientèle longtemps délaissée par le e-commerce, mais pourtant rompue à la vente à distance : des seniors, essentiellement provinciaux. "Il s'agit d'une clientèle qui a non seulement le temps, mais aussi suffisamment d'argent pour se montrer plus sélective et plus audacieuse dans ses choix culinaires", analyse le président de Petrossian.
Pour coller aux attentes de cette nouvelle clientèle, essentiellement provinciale, Armen Petrossian ne manque pas d'idées. Il prévoit notamment pour 2008 d'intégrer le système de paiement PayPal de eBay pour accroître la sécurité des transactions. D'ici deux à trois mois, le site devrait également proposer à ses visiteurs l'aide d'assistants virtuels pour les guider dans leur choix. Armen Petrossian lui-même devrait prêter son image pour l'occasion.
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