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Actu
15/05/2007
L'Arcep fait rentrer le Wi-Fi dans le rang des technologies taxées
C'est la rançon du succès. L'essor considérable du Wi-Fi en France et les conclusions d'une étude sur marché de l'accès à l'Internet sans fil pousse aujourd'hui l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) à mettre fin au régime dérogatoire des réseaux Wi-Fi ouverts au public. Les opérateurs devront désormais se plier aux obligations applicables à tout opérateur de communications électroniques. 210 opérateurs Wi-Fi sont aujourd'hui déclarés auprès de l'autorité.
L'étude, réalisée au second semestre 2006, indique ainsi que la France comptait fin 2006 plus de 37.000 hotspots Wi-Fi. Au coté des 3.600 points d'accès payants administrés par des opérateurs professionnels, une offre privée de 30.000 réseaux Wi-Fi s'est largement développée. Ces points d'accès qui proposent une double gestion publique/privée - une différenciation entre le propriétaire de la borne et les invités de passage - sont majoritairement issus de l'offre Livebox Pro d'Orange qui totalise 20.000 points. Le réseau FON totalise pour sa part plus de 7.000 points d'accès. Enfin, quelques centaines de hotspots sont restés gratuits. On les trouve dans les cafés, les restaurants et dans certaines municipalités.
Les 3.600 hotspots payants ont dégagé un chiffre d'affaires de 18 millions d'euros en 2006, réalisé à 80 % par les hôtels et de façon marginale dans les centres de congrès, gares et aéroports. Le marché est ainsi passé de 18 millions de minutes consommées par mois en 2005 à 40 millions en 2006. "Juste assez pour équilibrer les comptes des exploitants", précise l'Arcep qui insiste d'ailleurs sur l'étroitesse d'un marché de niche qui ne représente que 0,1 % du poids du marché de la téléphonie mobile.
Sans donner de chiffres, l'étude précise que l'usage du Wi-Fi en zone rurale comme moyen de palier aux carences du service DSL reste "relativement marginal". Raisons de ce développement limité : la porté restreinte des bornes Wi-Fi, de faibles débits au-delà de quelques centaines de mètres et une contrainte technique qui veut que le débit de l'usager le plus éloigné s'applique à tous les utilisateurs d'un point d'accès.
Par ailleurs, les réseaux maillés - qui fonctionnent par bonds radio successifs permettant d'étendre la couverture - restent du domaine de l'expérimentation en France et devraient avoir du mal à se substituer aux autres technologies à large bande telles que la 2,5G et la 3G qui bénéficient d'une large couverture du territoire.
L'Arcep se montre plus confiante dans le développement du Wi-Fi en zone urbaine dans le cadre de la convergence fixe-mobile qui permet aux terminaux bi-bande GSM-Wi-Fi d'accéder à des applications de téléphonie en VoIP à un coût moindre que sur les réseaux cellulaires. Le Wi-Fi présente dans ce contexte des perspectives d'évolution importantes en Europe. L'étude précise toutefois qu'il reste difficile de prévoir le positionnement futur de la technologie qui reste chahutée par le Wimax ou la 3G et ses dérivés futurs.
Au regard de ces résultats et du dynamisme industriel de la technologie, l'Arcep a ainsi estimé qu'il était nécessaire de lever le caractère expérimental qui conférait au marché une réglementation d'exception. Les opérateurs devront donc désormais se plier aux obligations applicables à tout opérateur de communications électroniques. Ceux dont le chiffre d'affaires dépasse un million d'euros devront ainsi s'acquitter d'une taxe administrative versée à l'Etat. Tous les opérateurs devront également garantir la permanence et la qualité de leurs services et le respect de la confidentialité des communications.
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