RUBRIQUES
|
ACTU
23/07/2007
Geonumbers ferme et demande une réforme des numéros surtaxés
Près de 2,4 milliards d'euros. Selon l'Arcep, c'est ce qu'ont rapporté en 2006 les numéros surtaxés à leurs éditeurs et aux opérateurs. Pour éviter de payer ces appels téléphoniques, le site Geonumbers détenait la solution : recenser et publier les numéros équivalents gratuits. Ainsi, à chaque numéro commençant par un 08 correspond un numéro géographique facturé au prix d'un appel local.
Car les numéros surtaxés sont rarement accessibles depuis l'étranger. Mais les entreprises éditrices qui doivent pouvoir être joignables par leurs clients depuis l'étranger proposent un numéro géographique pour le même service (lire l'article du JDN Economie : Numéros surtaxés : comment les consommateurs arrivent à les éviter, du 14/06/06). C'est en 2005 que le fondateur de Geonumbers a commencé à collecter ces numéros. Petit à petit, le service a pris de l'ampleur, et une communauté s'est formée.
Dernièrement, le site proposait près de 5.000 numéros géographiques remplaçant avantageusement des numéros surtaxés pour la bourse de leurs utilisateurs. L'audience du site a dépassé les 100.000 visiteurs uniques par mois, et des versions belge et espagnole ont vu le jour. Seul hic, les membres de Geonumbers n'ont pas l'autorisation des entreprises pour publier ces numéros. Bien qu'ils soient publics, le risque juridique est réel. Suffisamment pour pousser le fondateur à mettre la clé sous la porte craignant d'éventuelles poursuites, comme les ont menacés deux entreprises par lettres recommandées.
Cependant, la communauté de Géonumbers n'entend pas en rester là. Elle vient de lancer deux pétitions, dont l'une sera adressée à l'Arcep, pour protester contre cette pratique. "A l'origine les numéros surtaxés ont été créés pour rétribuer un service à valeur ajoutée, comme les prestations payées à l'acte (Météo, Sonneries, Renseignements), imposer un numéro surtaxé pour une simple communication sans valeur ajoutée est un abus", affirme la pétition. Elle dénonce aussi le manque de transparence de ces tarifs, qui changent selon les opérateurs. Tout comme le fait que ces numéros composés sur mobiles sont systématiquement facturés hors forfaits.
L'Arcep s'est attelée au dossier mi juin en lançant une consultation pour simplifier la facturation de ces services dits à "valeur ajoutée". Mais la question des tarifs reste complexe, d'autant que ceux passés depuis une box ADSL n'ont pas été fixés. Pour tenter de résoudre le problème, l'Arcep a demandé la fin des "vacances" du CST, le Conseil Supérieur de la télématique, censé veiller à la déontologie du marché. Seulement, le dernier avis date du 9 juillet 2004, et il n'a plus de président depuis deux ans déjà. Autre solution, le gendarme des télécoms a demandé la création d'une nouvelle instance chargée d'un contrôle déontologique de ces numéros, comme il en était question avec la Commission nationale de déontologie des services de communication au public en ligne, imaginée par Philippe Bas en début d'année. Mais perçue comme un organe de censure du Web, la commission n'a jamais vu le jour.
|