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ACTU
28/02/2008
Mobile : aucune baisse significative des prix depuis 2003 selon l'UFC
Avec sa nouvelle étude, l'association a essayé de dresser l'évolution réelle des prix, sans pouvoir publier un indice général, contrairement aux opérateurs qui affirment que le prix moyen d'un appel en France a diminué de plus de moitié au cours de la période 1998-2005, et de 26 % de 2002 et 2006. Elle a en revanche choisi de mesurer l'évolution effective pour cinq profils de clients, du petit consommateur téléphonant pendant seulement 20 minutes par mois sans envoyer de SMS, au gros consommateur qui appelle pendant 3h30 et envoie 80 SMS. Les tarifs des trois opérateurs réseaux sont passés au crible, ainsi que ceux de cinq MVNO (Debitel, NRJ, Virgin, Ten et Carrefour), dont le premier s'est lancé en 2004.
Suivre les prix est difficile, entre les changements d'offres, les multiples combinaisons avec les options et les données disponibles parfois incomplètes. Mais l'UFC a essayé de dégager des tendances, par opérateur. Chez Orange, "hormis les petits consommateurs qui ont profité d'une baisse, on observe une légère hausse un peu partout", commente l'analyste Edouard Barreiro, qui relève la stabilité globale des prix de SFR. Même chose pour Bouygues Telecom. Pour l'association, cette absence de baisse est d'autant plus choquante que la forte augmentation du trafic voix a permis l'amortissement des investissements initiaux des opérateurs réseaux.
Plus surprenant peut-être, l'arrivée des nouveaux entrants - opérateurs sans réseaux (MVNO) - n'aurait pas eu d'impact sur la baisse des prix. Ils ne l'ont pas appliquée à eux-mêmes et n'ont pas forcé les autres à le faire, selon l'UFC, qui souligne que les MVNO sont parfois plus chers que les opérateurs. Les baisses observées correspondraient en fait à l'apparition d'offres plus adaptées aux consommateurs, notamment des forfaits chez des opérateurs positionnés souvent à l'origine sur du pré-payé. Pour expliquer cette situation, l'UFC évoque des tarifs de gros négociés avec les opérateurs réseau qui ôteraient toute marge de manoeuvre aux MVNO.
Les augmentations de prix observées par l'association seraient sous-évaluées, selon elle. Car pour profiter des plus bas tarifs, le consommateur devrait en théorie pouvoir optimiser son offre en permanence. Or il n'est en réalité "ni rationnel ni parfaitement informé, et les offres sont nombreuses et complexes", explique Julien Dourgnon, directeur des études de l'UFC-Que Choisir. Il y aurait donc toujours un décalage entre les besoins du consommateur et les offres choisies. Et les opérateurs ne l'aideraient pas, créant un "marché structuré par l'offre et non par la demande". "C'est comme si quelqu'un chaussait du 39 mais n'avait à sa disposition que du 38 ou du 40", ajoute le président de l'association Alain Bazot.
Une nouvelle fois, l'UFC-Que Choisir a appelé à une "baisse drastique" des terminaisons d'appels (les "droits de passage" que doit payer un opérateur pour utiliser le réseau d'un autre), susceptible de permettre une réelle diminution des prix du secteur. L'association a aussi demandé à nouveau la suppression des contrats de 24 mois, pour faciliter la migration vers des offres plus attractives. La loi Chatel n'irait pas assez loin en proposant aux abonnés de se rétracter après un an, en payant les 25 % restants (lire l'article JDN Ce que va changer la loi Châtel pour les cyberconsommateurs du 21/12/07). L'UFC demande enfin l'arrivée d'un quatrième opérateur "susceptible de restaurer la concurrence", ce que pourrait favoriser le gouvernement (lire l'article JDN Vers un nouvel appel d'offres pour la 4ème licence mobile du 18/02/08).
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