|
|
Jacques Sylvander |
|
|
|
- Directeur Général Nokia France
|
|
Nokia est aujourd'hui un groupe leader dans le secteur
de la téléphonie mobile, avec plus de 51 milliards d'euros de chiffre d'affaires
en 2007, un effectif de plus de 110.000 personnes dans le monde et une part
de 38 % sur le marché des terminaux mobiles. Quel est l'ingrédient magique
de ce succès selon vous ?
Nokia est le premier visionnaire à avoir détecté et investi
dans un marché grand public pour les télécoms et plus spécifiquement la téléphonie
mobile. Au-delà des télécoms, le fil rouge dans le succès de Nokia depuis
plus de cent ans, de la fabrication de papier au 19ème siècle aux câbles
électriques, de la diversification dans l'électronique grand public avec
la production d'écrans de télévision et de magnétoscopes à la téléphonie
mobile dans les années 1990, est sa capacité à se rénover, à se réinventer.
Nokia est-il encore en train de se réinventer aujourd'hui
avec le lancement de services et de contenus Internet et mobiles ?
Il s'agit moins aujourd'hui d'un virage à 180° que d'une
ouverture vers de nouvelles opportunités de croissance. L'entreprise ajoute
une activité de contenus et services à son activité de fabricant de terminaux.
Cela fait sens car il existe une forte synergie entre le hardware et les
contenus. Notre objectif est de proposer au consommateur des solutions, des
terminaux mobiles qui intègrent du hardware et des contenus. Nokia veut être
l'intégrateur de l'Internet sur le mobile.
| "Nokia est légitime sur
les contenus par son parc de terminaux installés" |
Quelle est la légitimité de Nokia à éditer et proposer
des contenus pour l'Internet et le mobile ?
Nous sommes légitimes de par notre parc de terminaux installés.
Par exemple, en 2007, nous avons vendus plus de 140 millions de téléphones
intégrant un lecteur de musique MP3. Notre vision est d'offrir au consommateur
la possibilité d'avoir en permanence l'Internet au fond de sa poche. Les
services que nous éditons aujourd'hui, de navigation, musique et jeux, vont
dans ce sens. A terme, nous offrirons des services dans tous les domaines
du divertissement grand public, qui seront fédérés dans le portail Ovi.
Ce faisant, vous entrez en concurrence frontale avec les
opérateurs mobiles. Quelles sont vos relations avec les opérateurs mobiles,
notamment en France ?
Notre stratégie est mondiale. Sur certains marchés, asiatiques
notamment où les opérateurs sont très ouverts, nous ne rencontrons aucune
difficulté. C'est plus compliqué en Europe. Nous ne souhaitons pas développer
notre offre de services et contenus contre les opérateurs, mais dans une
stratégie de complémentarité et d'opportunité de partage des revenus.
| "Développer notre offre de contenus
en partenariat avec les opérateurs mobiles" |
La complémentarité, c'est quand nous apportons aux opérateurs
une offre de qualité dans la navigation sur mobile avec Nokia Maps, qui est
proposée par Bouygues Telecom et bientôt par Orange. Dans le domaine des jeux
également, nous apportons une réelle complémentarité. En revanche, les accords
sont plus difficiles à trouver dans le domaine de la musique. Toutefois,
nous sommes convaincus que les opérateurs préfèreront à terme bénéficier
d'un partenariat générateur de revenus et d'audience plutôt que de continuer
à investir dans le développement d'une plate-forme de musique. D'ailleurs,
nous avons déjà des accords avec Vodafone, TIM, Telefonica et Orange pour
le déploiement de notre plate-forme Ovi.
Vos concurrents aujourd'hui ne s'appellent donc plus Samsung,
Motorola ou LG, mais Apple ou Google ?
Effectivement, les jeux sur l'échiquier mondial de la convergence
entre contenus, contenants, hardware et solutions se déplaçant, nos concurrents
ne sont plus les mêmes. L'originalité de Nokia est que nous n'attendons pas
que les leaders de l'Internet se déplacent vers nous, nous nous déplaçons
vers eux : Yahoo et Google offrent leurs services sur mobile, Nokia offre
des services Internet ; Apple lance un terminal de téléphonie mobile, nous
allons vers Apple en lançant une offre de musique et des terminaux MP3.
Comment voyez-vous Nokia dans 5 ou 10 ans ?
La vocation de Nokia est de développer et vendre des terminaux
multimédia mobiles auxquels on ajoute des contenus et solutions mobiles.
Nos revenus demain viendront de la vente de solutions intégrées, à savoir
un terminal avec des applications et des interfaces utilisateurs innovantes.
|
|
Parcours |
|
| |
Diplômé en sciences économiques et titulaire d'un Executive MBA
HEC/CPA, Jacques Sylvander a rejoint Nokia France en 2004 comme
directeur général.
Il a commencé sa carrière chez Philips Consumers où il a
occupé différentes fonctions de direction dans le domaine du marketing et
des ventes des produits électroniques grand public.
Il rejoint le groupe Sony en 1996, en tant que directeur général
France de la société Psygnosis, une filiale spécialisée dans le développement,
l'édition et la distribution de jeux vidéo.
De 2001 à 2004, il a rejoint le siège européen de la société Plantronics
comme directeur de la division grand public pour la région Europe,
Middle East & Africa.
|
|