Adam Ludwin, parcours d'un autodidacte à la réussite insolente

Adam Ludwin, parcours d'un autodidacte à la réussite insolente Adam Ludwin a 25 ans et pas de diplôme lorsqu'il lève 1,2 million de livres pour lancer une entreprise de search intelligence, qui pourrait être le Google de la longue traîne. Et ce n'est que le début.

À 25 ans et sans aucun diplôme universitaire en poche, Adam Ludwin et son associé Dominic Joseph arrivent à convaincre le fonds d'investissement Panoramic Growth Equity de l'intérêt de leur projet : créer un moteur de collecte et d'analyse sémantique des requêtes formulées par les internautes au sein de sites éditoriaux.

L'objectif ? Aider les annonceurs à capter les véritables intentions de leurs consommateurs et les adresser au bon moment. Ils lèvent alors 1,2 million de livres sterling en 2013 (l'équivalent actuel de 1,35 million d'euros) pour lancer l'adtech britannique Captify qui se développe à vitesse grand V en Europe et aux États-Unis.

Car après seulement cinq ans d'existence et une deuxième levée, huit fois plus importante que la première celle-là, Captify réunit désormais 180 employés dans cinq pays et enregistre des taux de croissance à trois chiffres d'année en année. En 2016, la progression annuelle du chiffre d'affaires s'est élevée à 134 %. De quoi permettre à l'entreprise de devenir rentable en 2017 selon ses dirigeants.

L'entrepreneuriat dans l'ADN familial

Adam Ludwin est fils, petit-fils et frère d'entrepreneurs. Un background qui lui a permis d'apprendre très tôt des leçons qu'on ne trouve pas forcément dans les livres. "On m'a toujours expliqué que tout est possible et que l'âge, le sexe ou la religion ne représentent aucune limite à l'ambition", plaide-t-il. L'absence de diplômes non plus, si on se fie à sa décision d'abandonner les études universitaires trois mois à peine après les avoir commencées. Convaincu que son chemin était ailleurs et, c'est important, soutenu par ses parents.

À la recherche d'une activité à développer, il fait alors une brève incursion dans le monde très cloisonné des marchés financiers, après avoir démarché par téléphone les plus beaux noms de la City. L'expérience sera de courte durée pour celui qui se rend compte que son évolution professionnelle se heurte à l'immobilisme d'une structure qui favorise les cadres en place et des jeux politiques dont Adam Ludwin préfère se tenir à l'écart.

Du courtage au media trading

Sa découverte de l'adtech survient presque par hasard, en lisant un email que lui avait envoyé son père qui y voyait un secteur prometteur. Séduit d'abord par l'affiliation, il entame une formation à distance qu'il mène en parallèle de son emploi dans un cabinet de recrutement.

C'est le début d'une phase euphorique : seul, le soir et jusqu'à tard dans la nuit, il s'essaye à l'activité de media trader. "Le jour où j'ai gagné mes premières 50 livres, j'ai compris que quelque chose pouvait fonctionner dans ce secteur", se souvient-il. Adam a alors 21 ans. Il quitte son job alimentaire pour se lancer à plein temps dans le media trading, installé… dans le hall d'entrée de la maison de ses parents. Il se forme sur le tas, en pur autodidacte.

Quelle recette ?

Comment peut-on, depuis le hall d'entrée de la maison de ses parents, se voir propulsé chief visionary officer d'une entreprise dont le cœur de l'activité est l'intelligence artificielle ? En testant son concept, en attirant les capitaux et surtout en sachant s'entourer de professionnels compétents.

Nous sommes au printemps 2011 quand Adam Ludwin associe ses connaissances en génération de leads et en achat média à l'expertise commerciale de celui qui devient son associé, Dominic Joseph. Ensemble, ils décident de proposer au marché une solution de ciblage publicitaire issue du search, mais en dehors des territoires clôturés des GAFAM. Ils testent pour cela différentes technologies pour s'assurer de la pertinence de leur concept. Deux ans plus tard, soutenus financièrement, ils s'entourent d'ingénieurs et de seniors pour finir de mettre au point et lancer sur le marché une technologie innovante.

Capter le sens véritable des recherches

Captify analyse aujourd'hui 35 milliards de requêtes par mois qui viennent aiguiller les prises de paroles médias de ses clients en programmatique. De quoi permettre à ses algorithmes d'arriver à catégoriser les intentions des internautes et générer des insights qui vont beaucoup plus loin que la simple intuition marketing.

Bien installé en Europe, la société doit désormais penser à son déploiement mondial. Adam Ludwin a donc du pain sur la planche, d'autant que Captify n'est pas son seul business. Revenant à ses premières amours, il a fondé au Royaume-Uni, il y a trois ans de cela, Inflecto Media, une entreprise spécialisée dans la génération de leads, qui vient d'ouvrir une filiale à New York.

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Cette article provient du magazine trimestriel dédié au marché de la publicité online et du martech lancé par le JDN avec CB News/ Au programme, une grande enquête sur le DSP du futur, un comparatif des solutions d'attribution mobile, un papier sur la tendance au DCO, une fiche de poste sur le CRO et bien d'autres sujets...

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