L'e-pub pour les médicaments bientôt assouplie aux USA ?


L'agence fédérale américaine en charge de la sécurité sanitaire des médicaments envisage d'adapter les obligations légales de la publicité pour les produits pharmaceutiques aux contraintes du Web.


La Food and Drug Administration (FDA), l'agence fédérale américaine en charge de la sécurité sanitaire des médicaments et aliments s'intéresse à la publicité en ligne pour les médicaments. L'organisation a en effet prévu d'enchaîner cette semaine les auditions de groupes pharmaceutiques et professionnels de la publicité en ligne, avant de décider ou non de revoir ses directives en matière de publicité médicale sur Internet.

La FDA impose en effet des règles strictes pour la publicité des médicaments. Toute réclame mentionnant le nom d'un médicament doit notamment inclure des mentions obligatoires, telles que les restrictions d'usage ou les effets secondaires du produit. Or ces obligations sont assez peu compatibles avec certains leviers marketing, comme les liens sponsorisés, pour lesquels la concision de l'annonce est primordiale.

Cette réglementation explique le sous-investissement publicitaire du secteur pharmaceutique sur Internet. Selon TNS Media Intelligence, les laboratoires pharmaceutiques n'ont dépensé en 2008 que 129,7 millions de dollars en publicité sur Internet, contre 1,41 milliard pour la presse magazine et 2,76 milliards pour la télévision. Selon le "Wall Street Journal", certains groupes comme Lilly ou Pfizer, fabricants respectifs des pilules traitant la dysfonction érectile Cialis et Viagra, seraient prêts à accroître leurs investissements online.

Si elle estime que ces règles, qui s'appliquent à l'ensemble des médias offline, conviennent également au display sur Internet, la FDA reconnaît que la particularité de certains leviers marketing en ligne pourrait justifier de nouvelles recommandations plus adaptées. Une initivative qui serait à la fois soutenu par les annonceurs du secteur, mais également les gros acteurs des liens sponsorisés, comme Google. L'Internet advertising Bureau (IAB) plaide de son côté pour des standards stricts, mais adaptés au Web.

En mars dernier, la FDA avait rappelé à l'ordre une quinzaine de groupes pharmaceutiques, coupables selon elle d'entorses à ses directives pour des liens sponsorisés. Bayer, Sanofi Aventis, GlaxoSmithKline, Johnson & Johnson, Eli Lilly, Pfizer, Novartis et Merck faisaient partie de ces groupes. Leur seule réponse avait été de couper leurs dépenses. Entre mars et juin 2009, Comscore a ainsi enregistré une chute de 84 % des liens sponsorisés achetés par des annonceurs de ce secteur.

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