INTERVIEW
 
14/02/2008

"Créer une plate-forme unique pour les campagnes Web et mobile"

Sept mois après son rachat pour 6 milliards de dollars, la marque aQuantive disparaît dans Microsoft. Changement d'organisation, stratégie globale, rapprochement des adservers Atlas et Screentonic... Le président d'Atlas fait le point.
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Sommaire
 
 
  • Karl Siebrecht, président d'Atlas (aQuantive)
 

JDN. Quel est votre fonction chez aQuantive ?

Karl Siebrecht. Désormais, on ne parle plus d'aQuantive mais de APS, une nouvelle entité de Microsoft dirigée par l'ancien PDG d'aQuantive, Brian Mc Andrews. "APS" signifie Advertisers and Publishers Solutions. Cette entité a été créée au moment du rachat de aQuantive en août. Elle regroupe les activités publicitaires que possédait déjà Microsoft et celles d'aQuantive.

 

Que va devenir la marque aQuantive ?

Elle disparaît mais nos trois activités demeurent, à l'intérieur d'APS. Nous avons Atlas, un adserver, Drive, un réseau de sites pour diffuser de la publicité, et Avenue A/Razorfish, nos agences qui conservent leur autonomie.

 

Quels étaient les autres "actifs" de Microsoft dans la publicité ?

Il y a AdCenter bien sûr, l'activité de marketing de moteur de recherche. Il y a aussi toute la partie de publicité d'affichage ("display") sur les portails et sites Microsoft. Mais la société s'est également diversifiée en rachetant Massive et sa technologie de publicité à l'intérieur des jeux vidéo, et l'adserver mobile ScreenTonic [lire Microsoft rachète ScreenTonic, du 04/05/07].

 

En chiffre d'affaires, quelles sont les activités les plus importantes ?

La majorité des revenus provient de la publicité display, notamment sur Live.com et MSN.com. Viennent ensuite le search et les anciennes activités d'aQuantive. Avenue A/Razorfish réalisait deux tiers des revenus d'aQuantive, l'adserver Atlas 25 % et le réseau Drive le reste.

 

"Une approche neutre quant à l'écran utilisé"

Vous êtes à Barcelone pour la conférence annuelle du mobile, avec ScreenTonic. Que vous apporte ce rachat ?

Avant de racheter ScreenTonic, nous avions une faible présence dans la publicité mobile avec notre adserver Atlas. Nous voulons avoir une approche neutre quant à l'écran utilisé, que ce soit celui d'un ordinateur ou d'un mobile. La technologie d'Atlas, qui permet la diffusion et la gestion de campagnes, est déployée chez la plupart de nos agences. Nous voulons relier Atlas et ScreenTonic pour que nos clients puissent utiliser une plate-forme unique pour leurs campagnes Web et mobile.

 

Cela signifie que Microsoft croit au décollage de la publicité sur mobile ?

La publicité est désormais très importante pour Microsoft, comme notre PDG l'a dit cet automne et comme les évènements récents [la tentative de rachat de Yahoo, ndlr] l'ont montré. S'agissant de la publicité mobile, c'est encore un marché jeune, naissant, mais qui va croître. Nous ne voulons pas segmenter les supports mais permettre au contraire à nos clients d'accéder à une plate-forme publicitaire unique. Que ce soit pour les publicitaires ou pour les sites éditeurs. L'objectif est de leur donner le maximum de contrôle et d'autonomie. Par exemple, un éditeur pourra vendre son inventaire lui-même ou passer par nos services commerciaux.

 

"Microsoft nous apporte la capacité d'investir à l'échelle mondiale"

Vous dites que Avenue A/Razorfish, votre réseau d'agences, conserve son autonomie. Celles-ci n'orienteront pas leurs clients vers une des autres activités publicitaires de Microsoft ?

Non, les agences d'Avenue A/Razorfish étaient autonomes dans aQuantive, elles le demeurent dans Microsoft APS. Elles utilisent nos outils, comme l'adserver Atlas, mais sont libres d'acheter des espaces médias ailleurs, y compris chez nos concurrents Google ou Yahoo.

 

L'intérêt que représente aQuantive pour Microsoft est évident. En revanche, pourquoi n'avez-vous pas conservé votre indépendance ?

Depuis notre création en 1997 nous avons connu une excellente croissance en tant que société indépendante. Nous sommes entrés en Bourse en 2000 et avons grandi rapidement, jusqu'à réaliser 600 millions de dollars de revenus en 2007 avec 200 salariés. Mais nous avons aussi réalisé que la publicité en ligne devenait rapidement un marché mondial. Dans ce contexte, être capable d'investir suffisamment pour déployer nos technologies à l'échelle mondiale devenait de plus en plus crucial. C'est cette capacité que nous apporte Microsoft.

 

"Nous continuerons à investir dans la télévision numérique"

Dans quelle direction va se développer Microsoft en matière de publicité en ligne ?

Nous voulons continuer à déployer notre plate-forme sur de nouveaux marchés et sur de nouveaux territoires, comme nous sommes en train de le faire avec le mobile. Tout en proposant des outils à nos clients, du côté annonceurs comme du côté éditeurs, pour qu'ils puissent avoir le plus d'autonomie. C'est ce que nous indiquons avec le nom "Advertisers and Publishers Solutions".

 

Vous prévoyez d'investir dans de nouveaux supports ?

Nous sommes déjà présents dans la télévision numérique, à travers le mobile, mais nous continuerons à nous renforcer dans ce domaine, à mesure que le marché se développera. D'une manière plus générale, la vidéo, sur différents supports, est un domaine que nous suivons attentivement.

 

Un mot sur l'acquisition - éventuelle celle-là - de Yahoo par Microsoft ?

Malheureusement je ne peux pas la commenter !

 

 

 
PARCOURS
 
 

Karl Liebrecht, est entré en 1999 chez aQuantive, où il a occupé des postes dans l'analyse de données et la stratégie, avant de devenir président de la branche adserving Atlas.

Avant aQuantive, il était consultant dans le cabinet de conseil Bain & Company à Boston.

Il a auparavant été officier dans la Marine américaine.

Karl Liebrecht a obtenu un MBA au Dartmouth College et une licence d'économie de l'université Duke.

 

 

 


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