Julien Verdier (Adyoulike) "Nous allons lancer des formats pour mobiles, plus interactifs et ludiques"

Le PDG de la régie proposant aux éditeurs de monétiser leurs espaces de captcha explique son business model et révèle ses projets. Au programme vidéo, mobile et développement international.

Pourriez-vous présenter Adyoulike en quelques mots ?

Julien Verdier. La société Adyoulike a été lancée en avril 2011 avec la volonté de remplacer les "captchas", ces suites de caractères déformés permettant de s'authentifier, par des formats publicitaires du type nom de produit ou date de lancement... En clair, remplacer une suite de signes inintelligibles par un message de marque.

 

Remplacer une captcha par le message d'une marque peut booster sa notoriété de 300%

Nous sommes partis du constat que ces espaces n'étaient absolument pas valorisés alors même qu'ils sont indispensables et omniprésents. De fait, les études que nous avons menées depuis notre lancement, en partenariat avec l'Ifop, ont révélé que le fait de remplacer une captcha par un message publicitaire pouvait booster la notoriété de marque de plus de 300%. C'est sur la base de cette promesse que nous avons réussi à lever 200 000 euros auprès du fonds Kima Ventures, somme qui nous a permis de recruter un directeur technique et d'amorcer le lancement commercial de notre offre.

 

Quel est votre modèle économique ?

Nous fonctionnons sur le modèle traditionnel du partage de revenus à 50/50 avec l'éditeur et nous ne facturons les marques que lorsque le message est recopié correctement. Les tarifs sont de 10 centimes pour de l'impression display classique et varient entre 15 et 20 centimes pour le format vidéo. C'est un modèle relativement simple qui s'adresse à tous les types d'acteurs, de Groupon jusqu'à Coca Cola, et qui chez les éditeurs, séduit surtout les groupes médias. Parmi nos clients figurent ainsi 20 minutes, le groupe Marie-Claire, le groupe M6 ou 750 grammes qui y voient l'occasion de compléter leur inventaire classique par des espaces alternatifs.

 

Cette incrémentalité dans la vente d'espaces publicitaires permet à certains éditeurs de dégager des revenus substantiels à l'instar de Free qui génère plusieurs dizaines de milliers d'euros de chiffre d'affaires par mois grâce à notre solution.

 

Après le display classique, vous lancez des captchas vidéos...

Les éditeurs créent de nouveaux inventaires vidéos grâce à nos captchas vidéos

C'est effectivement un canal très porteur que nous avons décidé d'investir via deux formats. Le premier, le plus premium, oblige l'utilisateur à consulter la vidéo jusqu'à la fin pour pouvoir obtenir le code qui lui permet de s'authentifier. Le second autorise l'utilisateur à zapper la vidéo au bout de 7 secondes, un peu comme le permet le format Trueview de Youtube. L'option choisie dépend bien sûr de l'annonceur, mais également de l'éditeur sur le site duquel la publicité vidéo est servie et avec lequel nous travaillons en bonne entente. Chacun y trouve son compte, la marque qui bénéficie d'une belle exposition et l'éditeur qui, avec l'essor de la publicité vidéo, profite de notre capacité à générer de nouveaux inventaires sur ce format. Reste l'utilisateur qui lui ira au bout du processus si le service proposé derrière en vaut vraiment la peine. D'où l'importance de ne recourir à ce système que pour des contenus dont la valeur ajoutée justifie l'attente.

 

Quels sont vos projets pour la suite ?

Notre prochaine cible est le Royaume-Uni sur lequel nous fondons de nombreux espoirs dans la mesure où le business y est trois fois plus important qu'en France, Londres sert d'antenne relais à tous les grands groupes américains désireux de s'installer en Europe. Nous allons y aller progressivement, en démarchant les clients depuis notre bureau parisien jusqu'à la fin de l'année et en nous appuyant sur nos partenaires actuels. L'objectif est de s'y implanter début 2013 et, en juillet, de nous attaquer au marché allemand.

 

Nous allons profiter de l'interactivité du mobile

Nous allons également structurer un peu mieux notre offre. Je pense notamment au mobile sur lequel nos captchas fonctionnent sans adopter, pour l'instant, de format spécifique. Nous allons recruter un développeur dont la mission sera de réfléchir à des formats interactifs. Le mobile reste quoi qu'il en soit un canal sur lequel j'imagine de nombreuses possibilités, ne serait-ce que grâce au contact physique qu'il permet entre la personne et l'écran de son appareil. Sur du tactile, on pourra très certainement proposer des choses innovantes en "drag and drop" ou sur du "frottement". Il s'agit de jouer sur l'aspect ludique de la chose, tout en préservant la valeur ajoutée pour l'utilisateur. Pourquoi ne pas imaginer une application payante devenir gratuite le temps d'une journée, à condition que son utilisateur interagisse avec la marque "sponsor" ?

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