L'Autorité de la concurrence s'inquiète de la position dominante de Google

Saisie en début d'année par le ministère de l'Economie, l'Autorité de la Concurrence se dit préoccuppée par la position dominante de Google dans les liens sponso.

Google "préoccupe" officiellement la France. Saisie en février dernier par le ministère de l'Economie, l'Autorité de la Concurrence a publié ce mardi 14 décembre un avis sur le fonctionnement concurrentiel de la publicité en ligne. Elle y dresse une liste de sujets d'inquiétude dont la plupart concernent la position que détient le moteur américain sur le marché de la recherche et de la publicité en ligne, soulignant qu'il dispose "d'une position fortement dominante sur le marché de la publicité liée aux moteurs de recherche", avec une part de 90 % du marché des liens sponsoriés. 

 

Dans son analyse, l'Autorité distingue "les possibles abus d'éviction, destinés à décourager, retarder ou éliminer les concurrents par des procédés ne relevant pas d'une compétition par les mérites (élévation artificielle de barrières à l'entrée, clauses d'exclusivité excessives par leur champ, leur durée ou leur portée, obstacles techniques etc.) et les éventuels abus d'exploitation, par lesquels le moteur de recherche imposerait des conditions exorbitantes à ses partenaires ou clients, les traiterait de manière discriminatoire ou refuserait de garantir un minimum de transparence dans les relations contractuelles qu'il noue avec eux." 

 

Parmi ces "préoccupations" remontées par l'Autorité de la concurrence, figurent le risque de possibles clauses d'exclusivité dans les contrats AdSense, ou de pratiques éventuelles de manipulation du classement obtenu sur le moteur de recherche ou du quality score attribué aux annonceurs pour pondérer le prix des enchères du service AdWords. La participation directe de Google ou de ses filiales aux enchères AdWords est également un sujet d'inquiétude, ainsi que le possible "parasitisme" de Google Actualité vis-à-vis des éditeurs de presse. 

 

Saisie à titre consultatif et non contentieux, l'Autorité de la concurrence n'a cependant pas ouvert d'enquête formelle pour abus de position dominante concernant Google. Elle ne recommande d'ailleurs pas non plus "la mise en oeuvre d'un cadre de régulation d'ensemble". Elle souligne par ailleurs que le moteur fait déjà l'objet d'une telle enquête de la part de Bruxelles, qui pourrait déboucher sur un acte d'accusation du moteur. Aux Etats-Unis aussi, une enquête pour abus de position dominante à été ouverte contre Google. (lire le dossier 2015 : le démantèlement de Google ?, du 10/12/2010).

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