L'UE veut accélérer l'harmonisation des télécoms

Lors de son discours d'ouverture des Assises du numérique à Paris, la commissaire européenne Viviane Reding a dévoilé son plan pour "apporter plus d'Europe dans les télécoms".

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Viviane Reding, commissaire européenne en charge des médias et de la société de l'information, lors des  Assises du numérique, à Paris le 29 mai 2008 © Emile Lévêque / JDN

"Je vais vous parler sans détours des atouts et des retards français dans l'économie numérique et de la façon dont nous devrions envisager la présidence française de l'Union européenne pour remédier", a déclaré Viviane Reding, commissaire européenne en charge des Médias et de la Société de l'Information, dans son discours d'ouverture des Assises du numérique, le 29 mai à Paris. Mais c'est surtout d'Europe dont a parlé Viviane Reding. Un discours franc, agressif parfois, dynamique surtout, qui a eu le mérite de poser le doigt sur les différentes problématiques de régulation des télécommunications eu Europe et les solutions de la Commission.

 

Avec 100 millions de lignes haut débit, soit un taux de pénétration moyen de 20 % en janvier 2008, l'Union européenne n'a pas à rougir de sont taux de connexion à l'Internet, a rappelé tout d'abord Viviane Reding. Certains Etats membres sont même les leaders dans le monde en terme de taux de pénétration, loin devant la Corée du Sud, le Japon et les Etats-Unis. La France, avec ses 23 % de pénétration du haut débit, ses tarifs compétitifs parmi les plus bas d'Europe, figure parmi les bons élèves de l'UE.

 

Cependant, note la commissaire, l'investissement dans les TIC et la recherche reste inférieur en Europe à ce qu'il est chez les principaux concurrents commerciaux. "Nous en subissons les conséquences en termes de productivité, de commerce extérieur et de souveraineté économique", déplore Viviane Reding.

 

Outre le retard d'investissement, l'Europe doit rattraper un retard de consommation : 40 % des Européens n'utilisent pas encore l'Internet. Viviane Reding a donc annoncé le lancement en 2008 d'une "stratégie européenne d'accessibilité électronique" dans le cadre du plan "e-inclusion". Plus généralement, l'Europe doit accélérer ses efforts de haut débit pour tous, et ceci "doit rester une priorité de la présidence française de l'Union européenne".

 

A l'heure où commence par ailleurs une migration vers le très haut débit, la Commission européenne travaille sur une recommandation du traitement règlementaire de l'accès aux réseaux de nouvelle génération, notamment les réseaux de fibre optique, qui sera rendue publique à l'automne prochain, a indiqué Viviane Reding.

 

Enfin, répondant aux critiques de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) à propos de la création d'une structure type super régulateur des télécoms paneuropéen, Viviane Reding n'a pas mâché ses mots pour défendre son point de vue : "l'association molle des régulateurs nationaux réunis au sein de l'European Regulators Group ne fonctionne pas, elle ne sert à rien." Et de citer deux échecs de cette association : les terminaisons d'appels mobiles et les tarifs d'itinérances (roaming).

 

La commissaire européenne a donc réitéré sa volonté de créer une structure européenne pour les régulateurs des télécoms, une "entité indépendante, forte et efficace". "Je veux plus d'Europe dans les télécoms, a martelé Viviane Reding, car dans un monde globalisé, l'Europe ne peut survivre qu'unie."

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