Le gouvernement demande aux FAI de bloquer les sites illégaux

Obligés de fournir à leurs abonnés des systèmes de contrôle parental depuis 2005, les FAI pourraient interdire les sites illégaux que leur communiqueront le ministère de l'Intérieur.

Le message a été envoyé d'Angleterre. En visite à Londres au Centre de protection des enfants sur Internet, la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano a lancé un appel à la protection des mineurs français sur le Web. Jugeant les outils de contrôles parental pas suffisamment efficaces pour lutter conter la cybercriminalité liée à l'enfance, Nadine Morano a rencontré aujourd'hui les fournisseurs d'accès à Internet pour les inciter à "interdire l'accès à tous les sites pédopornographiques et illégaux, recensés sur une liste noire établie par le ministère de l'Intérieur". Une méthode calquée sur ce qui se pratique déjà en Grande-Bretagne, en Suède et en Norvège, explique-t-elle. Les sites à risques mais non illégaux pourraient aussi subir les foudres de l'interdiction à en croire la secrétaire d'Etat.

 

Côté FAI, on émet des réserves. Selon la déléguée générale de l'Association des fournisseurs d'accès (AFA), Dahlia Kownator, "la réflexion sur la nature du système de filtrage n'en est qu'à ses début. La question est complexe et sans doute longue à résoudre. Par ailleurs, s'il devait exister un logiciel de filtrage, il faudrait que le gouvernement assume la gestion de la liste noire et sa gestion". En outre, l'AFA précise qu'un tel dispositif permettrait certes d'éviter que des enfants soient exposés à leur insu à des images choquantes, mais pas d'empêcher ceux qui veulent trouver ces contenus d'arriver à leurs fins.  

 

En France, la lutte pour la protection de l'enfance sur Internet passe par les outils de contrôle parental fournis gratuitement par les FAI à leurs abonnés. Une charge qui leur incombe depuis 2005. Mais ceux-ci sont peu utilisés. Selon une enquête du Collectif interassociatif enfance et média (Ciem) datant de juillet 2007, 72 % des parents préfèrent laisser leurs enfants accéder seuls à Internet plutôt que d'utiliser des logiciels qui leur créent plus de problèmes qu'ils n'en résolvent.  

 

Ralentissant la navigation sur Internet et l'ordinateur lui-même, la qualité de leur filtrage ne convainc pas les parents, qui sont par ailleurs las de devoir répondre aux multiples demandes de confirmations parentales du logiciel. Aussi, pour guider les parents, Nadine Morano dit dans Le Figaro désirer qu'un "classement des meilleurs logiciels de contrôle parental soit affiché chez tous les distributeurs". 

 

Cependant, le développement des outils de communication tels que MSN Messenger ou Skype ainsi que les réseaux sociaux échappent à ces outils qui se limitent souvent à filtrer des listes de site. Une protection donc partielle, mais aussi en partie inefficace, puisque les sites en question changent régulièrement de noms. La meilleure des protections reste donc l'éducation individuelle. Une dimension que la secrétaire d'Etat à la Famille entend travailler avec Xavier Darcos, et intégrer "la formation à l'utilisation d'Internet et à la prévention dans les IUFM pour que les professeurs puissent éduquer leurs élèves aux nouvelles technologies".

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