Bouygues Telecom accuse Free de pratique commerciale trompeuse

Bouygues traîne son rival en justice au motif qu'il bride l'accès au réseau de ses abonnés lorsqu'ils passent par celui loué à Orange.

Nouveau bras de fer dans ce Far West qu'est le monde des télécoms où les acteurs se rendent coup pour coup, quotidiennement. On apprend aujourd'hui que Bouygues Telecom accuse Free Mobile de "pratique commerciale trompeuse"  et a déposé une plainte contre la filiale d'Iliad auprès du tribunal de commerce de Paris, selon les Echos. Cette plainte, qui sera examinée le 18 décembre prochain, met à nouveau en cause l'accord d'itinérance passé entre Free mobile et Orange. Un accord qui permet à Free de couvrir une part substantielle du territoire alors même que les infrastructures de son réseau ne sont pas encore entièrement déployées. Un accord qui, bien évidemment, reste plutôt coûteux, Free reversant à ce titre une somme comprise entre 500 et 700 millions d'euros à Orange, chaque année.

Lorsque les abonnés Free mobile sont connectés à ce réseau, l'opérateur de Xavier Niel briderait leur connexion, même lorsqu'ils n'ont pas atteint la limite de 3GO de consommation que leur autorise leur contrat, pointe Bouygues Telecom dans un document que se sont fournis les Echos. Une violation pure et simple du contrat qui lie Free mobile à ses abonnés donc. D'autant que Bouygues estime que Free mobile pratique un "bridage ciblé" de ce réseau en itinérance. Ce seraient ainsi les abonnés qui consomment le plus de bande passante qui seraient visés en priorité. Et les Echos de citer des temps d'attente de téléchargement suffisamment longs pour décourager les abonnés.

Les accusations formulées par Bouygues Telecom font quoi qu'il en soit écho à un rapport de l'UFC-Que Choisir  qui pointait du doigt la lenteur du réseau de SFR et Free. Chez ce dernier, c'est déjà l'utilisation du double réseau qui était mise en cause, avec une qualité d'accès à YouTube jusqu'à 10 fois moindre en itinérance. Des constatations qui font dire à Bouygues que "si le bridage n'avait pas eu lieu, Free Mobile aurait dû répercuter les véritables coûts d'itinérance dans le prix de ses offres, ce qui l'aurait nécessairement conduit à proposer des prix plus élevés". L'opérateur exige l'arrêt de ce bridage et estime son préjudice à plus de 100 millions d'euros. 

Orange / Free