Bonnes feuilles : "La deuxième vie des réseaux" Quand l'Europe et l'Asie se réveilleront...

"Au plan macroéconomique, un autre enjeu est essentiel pour que l'ensemble de la planète puisse vraiment entrer dans la deuxième vie des réseaux. Tant que le Google européen ou asiatique n'aura pas émergé (non pas tant Google que "ce qu'il y aura après" Google), le transfert de recettes publicitaires de l'Europe et de l'Asie vers les États-Unis devrait s'accélérer au rythme où progressent les revenus générés par la publicité sur Internet et, bientôt, sur les mobiles. Ce transfert pourrait passer pour l'Europe d'environ 7 milliards de dollars en 2007 à près de 20 milliards de dollars en 2012.

 

"L'enjeu pour l'Europe et pour l'Asie est de parvenir au niveau d'inventivité de la Silicon Valley"

Pour l'Asie, il passerait dans le même temps de 6 milliards de dollars à près de 15 milliards de dollars. Au total, tout se passe comme si les opérateurs européens et asiatiques allaient construire des autoroutes à dix voies (dans chaque sens) pour que seules des voitures californiennes y circulent...(...)

 

L'enjeu pour l'Europe et pour l'Asie est ainsi de parvenir au niveau d'inventivité de la Silicon Valley et d'être en capacité, comme elle, de former et de mobiliser dans ce but des armées de "fantassins", ingénieurs spécialisés en développement de logiciels, notamment pour le "Cloud Computing" : les jeunes Européens et Asiatiques ne sont pas moins astucieux que les jeunes Californiens ! Surtout, ils n'auraient pas pour mission de tenter de "rattraper le retard" en essayant d'inventer un pâle succédané de service déjà existant aux États-Unis. Tout au contraire, ils auraient à préparer de façon visionnaire le "coup d'après".

 

"L'Europe et l'Asie doivent aussi rapidement participer à la construction de datacenters puissants"

La réussite de Google et d'autres sociétés de services américaines réside également dans leur force de frappe technologique et capitalistique. Ceux qui croient, comme l'imaginaire collectif le suggère souvent, que Google se développe uniquement sur la base des idées géniales d'une poignée d'ingénieurs se trompent grandement. Google est aussi une gigantesque usine informatique. À côté du développement de leur capital humain, l'Europe et l'Asie doivent ainsi rapidement participer à la construction de datacenters puissants, sortes de "fermes de serveurs", nécessaires pour atteindre la puissance de calcul indispensable à la fourniture des services hyperpuissants, hyperréactifs et hyperpertinents, en osmose avec la deuxième vie des réseaux."

 

"Le Village numérique mondial, la deuxième vie des réseaux", de Didier Lombard © Odile Jacob

Etats-Unis / Google