INTERVIEW
 
06/06/2007

"Nous sommes ouverts aux opportunités pour renforcer la présence d'Orange en Europe"

Cession d'Orange Pays-Bas, rachat du FAI espagnol Ya.com : la directrice du développement international de France Télécom commente l'actualité du groupe et explique la stratégie de l'opérateur français en Europe.
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Anne Bouverot
 
 
  • Directrice du développement international de France Télécom
 

Selon la presse, Deutsche Telekom aurait remporté la mise pour le rachat de votre filiale Orange aux Pays-Bas, pour un montant proche de 1,5 milliard d'euros. Où en sont les transactions ?

Nous avons effectivement reçu des marques d'intérêt et des offres d'acquéreurs potentiels pour nos activités aux Pays-Bas. Nous analysons actuellement ces offres. Le processus est encore en cours.

 

Depuis quand Orange est-il présent aux Pays-Bas ? Combien de clients y comptez-vous aujourd'hui ?

Les Pays-Bas sont l'un des pays historiques où France Télécom a investi il y a une dizaine d'années, initialement sous la marque Dutchtone Progressivement. France Télécom y a développé en parallèle une activité d'accès Internet haut débit, sous la marque Wanadoo d'abord puis sous la marque Orange il y a un an. Orange Pays-Bas compte un demi million de clients Internet et plus de 2 millions de clients mobiles.

 

La vente porte-t-elle sur vos activités mobiles ou Internet ? Quelles sont les raisons de cette vente ? Votre part de marché aux Pays-Bas n'est-elle donc pas satisfaisante ?

Nous étudions des offres visant à l'acquisition potentielle de tout ou partie du capital de notre filiale aux Pays-Bas. Orange détient 12 % de part du marché mobile aux Pays-Bas. Nous sommes donc un opérateur solide bien installé. Cependant, à l'image du Royaume-Uni, les Pays-Bas sont un marché très concurrentiel, avec plus de cinq opérateurs mobiles en présence, et déjà un très fort taux de pénétration du mobile et des équipements Internet.

 

"L'Europe occidentale représente 25 % du chiffre d'affaires du groupe"

Quelle est la stratégie d'Orange en Europe ?

Notre stratégie dans tous les pays d'Europe occidentale est d'offrir un bundle Internet et mobile, ce qui nous permet d'acquérir et de fidéliser les clients. Nous disposons de notre propre réseau mobile, même si nous partageons parfois les infrastructures dans un souci de maîtrise des coûts de déploiement , comme c'est le cas notamment avec Vodafone au Royaume-Uni et en Espagne. Nous hébergeons également des MVNO sur notre réseau pour en optimiser l'utilisation. Sur l'ADSL, nous opérons un réseau en dégroupé à partir des centraux téléphoniques des opérateurs historiques quand la situation le permet.

 

Que représente le marché européen (hors France) en termes de parc d'abonnés et de revenus ?

Orange est présent dans cinq pays d'Europe occidentale : le Royaume-Uni, la Suisse, la Belgique, l'Espagne et les Pays-Bas. Ces marchés représentent environ 25 % de notre chiffre d'affaires. Tous secteurs confondus - mobile et Internet -, Orange compte plus de 33 millions de clients dans ces cinq pays. Orange est le deuxième ou troisième opérateur mobile au Royaume-Uni, en Espagne, en Suisse et en Belgique.

 

"Nous préférons investir dans les pays émergents"

France Télécom a manifesté son intention de racheter Ya.com, la filiale Internet espagnole de Deutsche Telekom. Après le rachat de l'opérateur mobile Amena en 2005, cette acquisition marque-t-elle la volonté de France Télécom de s'imposer durablement en Espagne ?

Oui, l'Espagne est un marché majeur pour le groupe. L'acquisition d'Amena nous a permis de devenir le numéro deux du mobile en Espagne, avec 11 millions de clients. Sur le fixe et l'Internet, Orange est déjà numéro deux derrière Telefonica avec 1 million de clients. Notre stratégie est de nous concentrer sur la croissance organique en maîtrisant nos coûts et en lançant de nouveaux services et des offres bundle. Toutefois, nous sommes ouverts à l'analyse de certaines opportunités pour renforcer notre présence en Europe.

 

Si la vente d'Orange Pays-Bas aboutit, le groupe ne sera plus présent que dans quatre pays en Europe occidentale. Pourquoi France Télécom n'investit-il pas en Allemagne ou en Italie, deux pays importants en termes de parcs mobile et Internet ?

 
En savoir plus
 
 
 

Plutôt que d'être présent partout avec une participation minoritaire dans un opérateur ou une part de marché faible, nous préférons être majoritaire et devenir fort là où nous sommes déjà implantés. C'est pourquoi nous sommes toujours à la recherche d'opportunités de consolidation de nos activités, notamment au Royaume-Uni et en Espagne. Concernant l'Allemagne et l'Italie, cela ne représente aucun intérêt d'être minoritaire dans ces pays où les opérateurs historiques ont une forte position dominante.

 

Nous préférons par ailleurs investir dans les pays émergents d'Europe de l'Est - Orange est présent en Pologne, en Slovaquie et en Roumanie -, d'Afrique et du Moyen-Orient. Par exemple, en Slovaquie, Orange va investir pour déployer un réseau national de connexions résidentielles par fibre optique avec un objectif de couvrir 200.000 foyers d'ici la fin de l'année.

 

 
Parcours
 
 

Anne Bouverot a rejoint l'équipe dirigeante de France Télécom en qualité de directrice du développement international fin 2006. A ce titre, elle coordonne l'ensemble des initiatives du Groupe dans son développement international.

Depuis août 2004, Anne Bouverot assurait la coordination opérationnelle de la ligne de business mobile et des projets stratégiques.

De 2002 à 2004, elle était responsable chez Equant, de l'unité d'affaires services informatiques pour les entreprises multinationales.

Anne Bouverot a travaillé également pour Global One, dont trois ans à Reston en Virginie entre 1996 et 1998, et pour France Télécom Longue Distance à Paris de 1992 à 1995.

Elle a débuté sa carrière dans les télécommunications en 1991 comme chef de projet pour Telmex au Mexique.

Anne Bouverot est ancienne élève de l'Ecole Normale Supérieure, titulaire d'un doctorat en informatique et diplômée de Télécom Paris.

 


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