Montebourg pousse Bouygues Telecom à fusionner avec un autre opérateur

Réagissant aux rumeurs sur un plan social à venir chez Bouygues Tel, le ministre de l'Economie désire le voir contracter une alliance avec un autre opérateur que SFR.

Les syndicats de Bouygues Telecom n'avaient pas plus tôt annoncé la possible suppression de 1500 à 2000 postes sur 9000 qu'Arnaud Montebourg a invité l'opérateur a contracter une alliance avec un autre opérateur que SFR, qui en mars avait éconduit Bouygues Tel au profit d'un mariage avec Numericable.

Lors d'une conférence de presse à l'occasion d'un déplacement dans une usine de Faverges, en Haute-Savoie, le ministre de l'Economie s'est exclamé : "il est assez incroyable que dans un secteur en croissance nous ayons des plans sociaux", rapporte l'AFP. Et si les offres successives de Bouygues Tel n'ont pas convaincu Vivendi de lui céder SFR, "Bouygues peut parfaitement imaginer des solutions avec d'autres opérateurs". Arnaud Montebourg ajoute l'avoir déjà suggéré à Martin Bouygues : "Je l'y invite, il le sait, je le lui ai dit".

Le ministre, qui avait soutenu la candidature de Bouygues Telecom face à celle de Numericable, demeure favorable à un marché à trois acteurs. "Nous sommes maintenus à quatre opérateurs qui se font une concurrence de plus en plus dure au détriment de l'emploi". Arnaud Montebourg désire toujours qu'une consolidation du secteur permette aux opérateurs de se renforcer. Chez Bouygues Tel, on justifie d'ailleurs les suppressions de poste envisagées par l'échec de la fusion avec SFR.

Le comité central d'entreprise qui se réunira jeudi 15 mai pourrait étudier ce plan social, que la direction n'a pas confirmé jusqu'ici. Sur la sellette : les 600 boutiques de l'opérateur, qui ne seront peut-être plus jugées nécessaires pour accompagner le client dans la mesure où Bouygues Telecom s'est engagé dans une grande simplification de ses offres. Plus largement, Bouygues Tel est l'acteur qui a le plus baissé ses prix dans le mobile après l'arrivée de Free sur le marché. Adapter aujourd'hui son organisation et son modèle économique à cette stratégie low-cost semble donc inévitable. Et licencier 16% à 23% de ses effectifs apparaît comme un premier pas pour se rendre plus appétissant aux yeux du meilleur candidat à son rachat : le groupe Iliad-Free.

Free / SFR