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ACTU
20/09/2007
DayJet lance un service de jets privés à la demande sur Internet
Réserver sur Internet une place à bord d'un jet privé pour se rendre directement à son rendez-vous d'affaires, dans une petite ville située à quelques 900 km, au prix d'une classe affaire… Le rêve de certains voyageurs d'affaires travaillant dans des PME ou des divisions de grands groupes va pouvoir enfin se concrétiser début octobre, dans 7 Etats du Sud-Est des Etats-Unis. Le nom de ce nouveau service Web de jets privés "on demand" : DayJet, créé par la société éponyme lancée en mai 2005, à Boca Raton, en Floride.
Derrière ce projet innovant, un grand nom du monde du Net et de l'informatique : Ed Lacobucci, le co-fondateur de l'éditeur de logiciel Citrix. Lui-même propriétaire d'un jet privé, dès 2002, il lui est venu l'idée de développer un outil de gestion à la demande d'une flotte de jets privés pour relier les villes moyennes du Sud-Est américain, mal desservies. C'est donc dans le plus grand secret, en mars 2002, qu'il lance les premiers développements de cette solution complexe. Plus de cinq ans seront nécessaires pour mettre au point les différents outils que requiert ce service : un premier outil qui permette de calculer les connexions entre les différentes villes où seront déployés les services, de manière à créer un réseau de villes.
Un deuxième logiciel gère l'optimisation des demandes, via la création de nouveaux algorithmes méta-euristiques. "Cet outil permet de gérer d'un côté une demande par exemple de 100 personnes, et de l'autre, 10 avions. Pour mettre au point le système le plus parfait possible, cela représentait auparavant trois semaines de travail pour nos équipes. Et cela prend aujourd'hui 2 secondes, via notre outil", explique Traver Gruen-Kennedy, directeur général adjoint en charge des opérations stratégiques. Enfin, un troisième système permet de manager l'activité, à savoir les équipes de pilotage, les avions, et la maintenance, via un mode de fonctionnement complètement numérique.
La société a reçu son premier avion en juin dernier, et réalise actuellement les derniers tests, avant le lancement grandeur nature. DayJet a obtenu le 5 septembre dernier l'accord de l'Administration Fédérale d'Aviation (FAA) pour la mise en place de sa flotte d'avions. Pour ses débuts, DayJet disposera de 12 avions, des Eclipse 500, et démarrera son service entre 7 villes moyennes du Sud-Est des Etats-Unis avant de lancer 3 nouvelles villes d'ici la fin de l'année. Mais DayJet a investi 30 millions de dollars pour acheter 300 avions au cours des deux prochaines années. Son objectif : 30 avions en novembre, 100 avions en juillet 2008, 300 avions en juillet 2009, pour atteindre les 1.400 avions d'ici 2011.
Lancée avec un capital de 25 millions de dollars en fonds propres, DayJet a réussi à lever des fonds supplémentaires : elle consacre 50 millions de dollars aux ressources humaines, et 114 millions à l'achat d'avions. DayJet pense atteindre un point d'équilibre à partir de 25 ou 30 avions, soit après 9 mois d'activité. "Si le modèle marche, Dayjet sera très profitable. Nous avons quelque peu repris le modèle de Southwest Airlines. Nous avons un seul marché, à savoir les voyages d'affaires, et un seul type d'avion", assure Traver Gruen-Kennedy. Le service s'adresse en effet principalement aux collaborateurs de petites sociétés implantées dans les villes moyennes, de 50.000 à 100.000 habitants situées en Floride, en Géorgie, en Alabama, et au Mississippi. Ces voyageurs doivent réaliser des déplacements professionnels de 900 kilomètres, ce qui leur impose des déplacements de 2 jours, avec parfois 7 heures de voiture, ce qui n'est pas productif.
"Notre service vise à démocratiser le jet privé et à le rendre ainsi accessible à un plus grand nombre de personnes. Le prix d'un jet privé est de l'ordre de 6.000 dollars de l'heure, tandis que nos prix sont divisés par 10. En comparaison, le voyage avec Delta Airlines en classe affaires est de 800 dollars", indique Traver Gruen-Kennedy. Pour utiliser le service "on demand", les membres DayJet devront néanmoins s'acquitter d'un abonnement annuel de 250 dollars, et devront réaliser au moins 4 voyages dans l'année. D'autre part, le prix d'un trajet DayJet n'est pas fixe : il varie en fonction des disponibilités, et de la flexibilité horaire des voyageurs. Etant un service à la demande, le DayJet peut s'arrêter en route pour prendre un autre voyageur (pas plus de 3 passagers au total), mais le service est calculé de façon à ne pas s'arrêter plus d'une fois par trajet.
"40 % des vols marquent un arrêt en chemin et 60 % sont directs. D'autre part, 90 % des trajets sont de moins de 600 miles (environ 965 km), un trajet que nous effectuons en 1 heure 30, et qui nécessite généralement 7 ou 8 heures de voiture", ajoute Traver Gruen-Kennedy. Pour ses débuts, ce service ne sera accessible que via du parrainage, et progressivement la société compte faire de ses membres un réseau social.
Si à l'heure actuelle DayJet n'a pas encore pris de décision, le directeur général associé indique que la société étudiera les opportunités du modèle pour l'implanter en Europe Occidentale ou Centrale, au Moyen-Orient ou à Singapour. "Beaucoup de choses peuvent être exportées, mais notre impératif est de bien analyser la demande, et d'adapter le logiciel à chaque marché."
Le nouveau défi que se donne DayJet consiste maintenant à promouvoir auprès de l'Administration Fédérale d'Aviation (FAA) et du gouvernement de Floride le passage à un nouveau système de management en vol, par satellite. "Le système par radar n'est pas assez précis, il existe une marge d'erreur de 20 %, ce qui représente de l'énergie perdue, et des émissions de CO2 pendant ce temps de vol. Nous souhaitons créer de nouvelles routes aériennes certifiées par la FAA, qui deviendront à l'avenir un réseau public", indique Traver Gruen-Kennedy.
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