9 e-voyagistes sanctionnés pour pratiques commerciales trompeuses

Après avoir passé au crible 20 sites de voyage et comparateurs de vols, la DGCCRF a envoyé 9 PV. Opodo, Go Voyages et eDreams font partie des fautifs.

Cela fait un an que la répression des fraudes a entrepris de décortiquer les offres d'une vingtaine de voyagistes en ligne et de comparateurs de vols. A l'issue de cette enquête, il s'avère que plus de la moitié des sites ont commis des infractions graves. La DGCCRF a donc envoyé pas moins de neuf PV à l'encontre de ceux qu'elle accuse de pratiques commerciales trompeuses, révèle "Le Parisien". Au banc des coupables, des poids lourds du secteur : Opodo, Go Voyages ou encore eDreams. Pour cinq cas de fraude déjà reconnus, les amendes ont été fixées entre 100 000 et 150 000 euros. Pour les autres, les sanctions pourraient aller jusqu'à deux ans de prison et 300 000 euros d'amende.

Que reproche exactement la répression des fraudes à ces sites ? D'afficher des offres de voyages très alléchantes alors que les prix effectivement proposés sont bien moins intéressants. Entre la promotion affichée et ce qu'est devenue l'offre au moment de payer, se sont en effet accumulés des frais de dossier, d'assurance, de carte bancaire et d'autres charges encore. A l'arrivée, des prix bien supérieurs et des comparaisons rendues impossibles.

Les contrôles vont se poursuivre

Les entorses au Code de la consommation se poursuivent. Les sites ne fournissent pas assez d'informations sur les prix, les surcoûts, les conditions de transports des bagages, alors que mentionner certains de ces frais annexes est obligatoire. Ce qui conduit Carole Delga, secrétaire d'Etat chargée de la Consommation, à déclarer sur Europe 1 : "Certains comparateurs de prix ne sont pas fiables. Ils font des erreurs plus ou moins graves mais certaines relèvent bien de la tromperie".

A ceci près qu'il y a sans doute erreur sur la personne. Selon nos informations, les six sites condamnés à une amende étaient des voyagistes, donc des marchands, et non des comparateurs (qui pour leur part n'encaissent pas les ventes). Quatre des cinq comparateurs actifs en France ont été approchés, mais n'ont pas été sanctionnés. Et trois autres e-voyagistes ont dû apporter des modifications à leur site, sans être sanctionnés non plus.

Ce qui fait dire à Jean-Pierre Nadir, PDG du comparateur d'Easyvoyage : "D'une part, il faudrait créer un statut de comparateur qui permette d'éviter ces amalgames et de mieux préserver l'indépendance qui fait leur succès. D'autre part, il faudrait créer une loi qui oblige tous les sites, comparateurs et marchands, à afficher les bons prix." Depuis qu'Easyvoyage affiche les deux prix, prix d'annonce et prix tout compris, il a perdu 10% de taux de clic, selon Jean-Pierre Nadir. Il serait donc plus juste que tous soient logés à la même enseigne, estime-t-il.

La DGCCRF procèdera à de nouveaux contrôles dans les mois à venir pour vérifier que les acteurs du secteur se mettent bien en conformité avec ses demandes.

Opodo / Easyvoyage