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Alessandro Thellung, PDG fondateur de RedShift
Photo © JDN Marine de Saint Seine
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JDN. En tant qu'acteur du marché du marketing mobile,
comment le voyez-vous évoluer ?
Alessandro Thellung. La révolution mobile qui est
en cours n'en est qu'à ses débuts, mais elle s'annonce sérieuse et pérenne.
On voit bien que les grands acteurs jouent le jeu en forfaitisant l'accès
à l'Internet mobile, à l'image des offres Illimytics de SFR. Quand je parle
d'Internet mobile, je ne fais pas référence aux portails Wap des opérateurs,
mais bel et bien à l'espace Internet. L'opacité de l'offre était jusque là
un des principaux freins à la navigation. Deuxième élément de rupture constaté
: le format des terminaux. Les portables de nouvelle génération sont dorénavant
suffisamment grands et confortables pour qu'y regarder un match de foot ou
un film soit envisageable. Troisième élément : l'évolution des réseaux avec
la quatrième génération - HSTPA ou 3G+ en français, et bientôt la cinquième
qui, avec 300 Mbits/s, s'annonce plus rapide que n'importe quel Internet
haut débit chez un particulier.
Quel est votre rôle et votre vision dans cette révolution
?
| "Les campagnes multi accès assurent
davantage de retour en jouant sur le mass marketing" |
Nous faisons de la mise en relation pour les marques qui
souhaitent communiquer, recruter, fidéliser … autrement dit interagir avec
leur public par le biais du mobile. Or celui-ci suit des règles totalement
différentes des autres médias (télévision, radio, Internet etc.), que cela
soit dans la sémantique ou dans le mode de consommation. Sur le mobile, il
faut interagir vite, avec des mots simples, des contenus 'en pilule' [courts,
ndrl], le tout avec pertinence et modération, car la notion de permission
marketing est très importante et les effets déceptifs phénoménaux. Pour réaliser
une mise en relation, les outils sont multiples : SMS, MMS, Tag, Bluetooth,
reconnaissance d'images et bientôt RFID. RedShift est indépendante de toute
technologie et préconise les démarches transversales. Les stratégies mobiles
sont trop souvent morcelées par technologie, alors que les campagnes qui
fonctionnent sont les campagnes multi accès : elles assurent davantage de
retour en jouant sur le mass marketing. Tout l'enjeu est donc de savoir jongler
entre les différentes technologies pour trouver la bonne recette.
Quelles usages les acteurs du e-tourisme peuvent-ils avoir
du marketing mobile ?
Les applications sont nombreuses, il peut s'agir de ventes
flash en temps réel qui présentent un intérêt notoire par rapport aux newletters
par e-mail. Avec le portable, on est sur de rentrer en relation de manière
instantanée avec l'abonné, et d'opérer de véritable offres de dernière minute.
Cela peut être de la stimulation d'achat impulsif : une personne est dans
le métro et souhaite partir en week-end, il peut tout de suite se connecter
et consulter des offres et géolocaliser l'agence la plus proche. On peut
envisager également des compléments d'information sous forme de rich media,
en insérant des liens dans des guides de voyages, lesquels permettent de
visionner une vidéo d'un hôtel. Enfin, n'oublions pas la billetterie sur
mobile, même si la transaction sur mobile est encore source d'inquiétude.
Le marché guette les solutions de m-paiement. Le mobile est un support à
la vente fondamental pour toute la population en mobilité. Toutes les études
s'accordent pour dire que plus de la moitié des accès à Internet se feront,
d'ici quelques années, à partir des mobiles.