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La précédente grève, menée l'été dernier également par cinq syndicats, avait conduit Air France à supprimer 1.400 vols en une semaine (Photo ERIC PIERMONT/AFP/Archives)

Vendredi 17 mars 2017, 12h37
La grève des stewards et hôtesses d'Air France de samedi à lundi perturbera "légèrement" les vols le premier jour malgré une mobilisation de 29% des personnels, inquiets d'un projet de filiale menaçant leurs emplois et conditions de travail, selon les syndicats à l'origine du préavis.

Air France prévoit de maintenir samedi 98% de ses vols: 100% sur le réseau long-courrier et 98% sur le moyen-courrier et les liaisons domestiques.

La compagnie n'exclut toutefois pas "des annulations et des retards de dernière minute" et prévient que "des difficultés dans la composition des équipages" pourraient la conduire à limiter le nombre de passagers par vol.

Cinq syndicats ont appelé les 13.500 personnels navigants commerciaux (PNC) d'Air France à trois jours de grève: le SNPNC/FO, l'Unsa-PNC et trois organisations non représentatives (CFTC, SUD-Aérien, SNGAF).

La précédente, l'été dernier, suivie par plus d'un tiers des personnels, avait duré une semaine et entrainé jusqu'à 20% de vols annulés par jour.

Les personnels de cabine sont de nouveau appelés à la mobilisation contre le projet d'accord collectif amené à régir leurs conditions de travail, de rémunération et d'avancement pour la période 2017-2021.

Le texte a été signé par l'Unac, qui ne dispose cependant pas de la majorité nécessaire pour le rendre applicable. Il est refusé par les deux autres syndicats représentatifs, le SNPNC et l'Unsa, qui le jugent "dégradé" par rapport à l'accord actuellement en vigueur.

Mais cette fois la grève est surtout dirigée contre le projet "Boost" de nouvelle compagnie, filiale d'Air France, que la direction du groupe aérien espère concrétiser prochainement.

- 'Mauvaises intentions' -

Jean-Marc Janaillac (à droite), le PDG d'Air France-KLM et le directeur général de KLM, Pieter Elbers, lors de la présentaion des résultats 2016 du groupe à Paris, le 16 février 2017 (Photo ERIC PIERMONT/AFP/Archives)

L'entreprise veut transférer sur "Boost" (nom provisoire) les lignes moyen et long-courrier actuellement non rentables sur Air France, voire ouvrir de nouvelles routes, grâce à des coûts d'exploitation moindres.

Son modèle économique repose principalement sur l'embauche de PNC rémunérés "au prix du marché", c'est-à-dire 40% moins cher que dans la compagnie tricolore historique, dont "20% portant sur la rémunération et 20% liés à des efforts de productivité", précise la direction d'Air France.

Les syndicats de PNC d'Air France, pas associés aux négociations sur "Boost", redoutent que l'activité d'Air France soit aspirée progressivement au profit de la filiale à coûts réduits, malgré les garanties apportées par la direction.

Dans un accord à durée indéterminée, "Air France s'engage à ce que cette nouvelle compagnie filiale à 100% d'Air France (...) n'exploite pas plus de 10 avions long-courrier et 18 avions moyen-courrier". Le texte exclut par ailleurs toute "mobilité contrainte" d'Air France vers "Boost".

Pourtant, le SNPNC et l'Unsa restent persuadés que les garanties proposées seront remises en cause dans quatre ans, quand l'accord collectif des PNC d'Air France arrivera à échéance et "au moment où les premiers résultats de Boost tomberont".

Alors que la masse salariale d'Air France sera "encore plus lourde" et ses avions "vieillissants", les PNC de la compagnie historique "se verront contraints de baisser leur salaire ou de travailler aux conditions Boost", prédisent les deux syndicats.

A l'aéroport de Marseille-Provence, le 5 octobre 2015 (Photo BORIS HORVAT/AFP/Archives)

Ils réclament un "accord collectif non dégradé et très long (plus de 5 ans ou à durée indéterminée)". Mais la direction "ne veut absolument pas", preuve "qu'elle a de mauvaises intentions" pour la suite, assure à l'AFP Christophe Pillet (SNPNC).

L'été dernier, déjà, c'est le manque de confiance envers la direction qui avait principalement motivé la grève.

Alors que l'entreprise proposait de reconduire l'accord d'entreprise quasiment à l'identique, pour 17 mois, les syndicats la soupçonnaient de vouloir ensuite utiliser "le moindre retournement de tendance" pour reprendre les négociations, un an plus tard, avec des exigences beaucoup plus élevées.

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