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Les magasins Tati, le 18 septembre 2012 à Paris (Photo Joël SAGET/AFP/Archives)

Lundi 19 juin 2017, 15h34
Tati et les trois autres enseignes d'Agora Distribution (groupe Eram), en difficulté, devraient bientôt être fixées sur leur sort, au terme d'une rude bataille entre les principaux candidats à leur reprise dont les offres sont examinées lundi par la justice.

Le tribunal de commerce de Bobigny doit notamment départager deux offres, celle du groupe GPG, présidé par le fondateur des magasins Gifi Philippe Ginestet, et celle d'un consortium d'enseignes à bas prix composé de La Foir'Fouille, Centrakor, Stokomani, Maxi Bazar et Dépôt Bingo.

Une troisième offre émanant de l'enseigne Babou ne porte que sur six magasins.

Placé en redressement judiciaire début mai, Agora Distribution, propriété du groupe Eram, regroupe Tati, Fabio Lucci, Gigastore et Degrif'Mania, soit 140 magasins et plus de 1.700 salariés.

Plus de 150 salariés du groupe se sont rassemblés lundi en début d'après-midi devant le tribunal.

Cela "a été long, stressant et dur" pour les salariés. "Qu'il y ait un débouché, c'est essentiel", a déclaré Male Papa, représentant CGT.

Des salariés de Tati devant les boutiques de l'enseigne, le 4 mai 2017 à Paris (Photo Jacques DEMARTHON/AFP/Archives)

Il "est temps de mettre un terme à tout cela car c'est psychologiquement fatigant", a renchérit Fouzia Bekhedda (Seci-Unsa).

Depuis la mise en vente officielle d'Agora par Eram il y a plus de trois mois, GPG et le consortium bataillent ferme pour l'emporter, avec des offres revues tour à tour à la hausse. La campagne, destinée aussi à gagner le soutien des salariés, a laissé les syndicats divisés.

Au final, GPG prévoit de reprendre 1.428 emplois directs et 109 magasins, ainsi que 24 franchisés, avec pour objectif de conserver l'enseigne Tati.

Le consortium projette, lui, la reprise de 1.298 salariés et de 98 magasins, dont 16 continueront d'être exploités en tant que Tati, ainsi que 27 franchisés.

Les deux candidats proposent par ailleurs d'injecter plusieurs dizaines de millions d'euros dans la relance des magasins et promettent de garantir les emplois sur deux ans, ainsi qu'un abondement au plan social de l'ordre de 2 millions d'euros.

Vendredi, Eram a pour la première fois pris position officiellement pour GPG, jugeant son offre "mieux-disante socialement".

La veille, le PDG d'Agora Distribution, tout en estimant que l'offre Gifi "se (détachait) indubitablement du point de vue emplois et magasins repris", avait relevé que celle du consortium "(apparaissait), elle, moins risquée".

Mais côté syndicats, les avis sont partagés.

- 'Garanties supérieures' -

Sans vouloir prendre position, la CGT de Tati Lilnat, qui regroupe l'essentiel des salariés et des magasins Tati et notamment le magasin historique de Barbès, a jugé que l'offre de la Foir'Fouille et ses alliés présentait pour l'instant des "garanties supérieures".

En cause, dans celle de Gifi, des incertitudes sur le devenir du magasin de Barbès et de sa centaine de salariés, pour une raison liée au bail. Autre inquiétude, le sort du personnel d'une trentaine de magasins qui pourraient devoir être cédés sur décision de l'Autorité de la concurrence.

A contrario, pour la CFDT, l'Unsa et la CFTC, l'offre de Gifi est "incontestablement la meilleure", après avoir été "significativement améliorée", car elle permet d'éviter une "vente à la découpe".

Lundi, plusieurs militants CFDT affichaient d'ailleurs clairement leur préférence, arborant des tee-shirts siglés Gifi, fabriqués pour l'occasion, et des panneaux "tous avec Gifi",

Les syndicats s'étaient tous mis d'accord vendredi pour signer l'accord sur le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui concernera dans tous les cas plusieurs centaines de salariés.

Le tribunal, comme les syndicats, aurait souhaité que les deux offres soient combinées afin de sauver le maximum d'emplois. Il avait d'ailleurs accordé à cet effet le 29 mai un délai de trois semaines.

Mais GPG et le consortium n'ont pas réussi à trouver un terrain d'entente.

Jusqu'à mercredi dernier, date limite de dépôt des offres, ils ont au contraire tenté de prendre l'avantage à coups d'améliorations successives de leurs offres. Une bataille menée aussi sur le terrain de la communication.

L'enseigne fondée en 1948 par Jules Ouaki avait été reprise par Eram en 2004. Malgré une stratégie de diversification et d'internationalisation, les pertes opérationnelles de Tati se sont montées l'an dernier à environ 60 millions d'euros pour un chiffre d'affaires en baisse, à 350 millions d'euros.

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