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L'UE prolonge d'un an ses sanctions après l'annexion de la Crimée par la Russie (Photo SISKA GREMMELPREZ/BELGA/AFP/Archives)

Lundi 19 juin 2017, 13h21
L'Union européenne a reconduit lundi pour un an des sanctions décidées après l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014, qui interdisent notamment les investissements dans la péninsule et les importations vers l'Union de ses produits.

Les 28 pays de l'UE doivent par ailleurs reconduire dans les semaines à venir leurs lourdes sanctions économiques contre la Russie, touchant notamment des banques, entreprises pétrolières et de défense, décrétées à l'été 2014 en réaction au soutien présumé de Moscou à l'offensive de rebelles séparatistes dans l'est de l'Ukraine.

Ce sujet devrait être abordé par les chefs d'Etat et de gouvernement européens lors de leur sommet jeudi et vendredi à Bruxelles, alors que le conflit, qui a fait plus de 10.000 morts en trois ans, a repris en intensité ce printemps.

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, dont les pays ont parrainé les accords de Minsk censés mettre fin au conflit, devraient informer leurs homologues de la situation sur le terrain et "recommander" un renouvellement de ces sanctions, selon une source diplomatique.

Ces lourdes sanctions qui ont durablement empoisonné les relations entre Bruxelles et Moscou ont toujours été prolongées par périodes de six mois. Elles visent également près de 150 personnalités, dont des proches du président Vladimir Poutine, inscrites sur la "liste noire" de l'UE, ce qui leur interdit tout visa pour un pays de l'Union et gèle leurs fonds déposés dans des banques européennes.

Les sanctions concernant la Crimée, péninsule ukrainienne dont les Européens refusent de reconnaître l'annexion qu'ils jugent "illégale" par la Russie, ont été prolongées ce lundi jusqu'au 23 juin 2018.

"Les mesures s'appliquent aux ressortissants de l'UE et aux entreprises établies dans l'UE. Elles sont limitées au territoire de la Crimée et de Sébastopol", a indiqué le Conseil, qui représente les 28 Etats membres, dans un communiqué.

Elles concernent notamment "l'importation de produits originaires de Crimée ou de Sébastopol dans l'UE" et "les investissements en Crimée ou à Sébastopol". Aucun Européen ni aucune société établie dans l'UE ne peut ainsi y acquérir des biens immobiliers ou y financer des sociétés.

Les activités touristiques en Crimée ou à Sébastopol sont interdites, et les navires de croisière européens "ne peuvent pas faire escale dans les ports de la péninsule de Crimée, sauf en cas d'urgence".

Le président ukrainien Petro Porochenko a salué la décision sur son compte Twitter, tout en demandant que Bruxelles en fasse davantage pour punir Moscou. "Le prix (que la Russie doit payer, ndlr) pour cette tentative d'annexion doit augmenter", a-t-il écrit.

Comme à chaque renouvellement des sanctions européennes, le Kremlin a de son côté protesté. "Nous ne les considérons pas comme légitimes", a expliqué son porte-parole Dmitri Peskov. "Ces sanctions portent préjudice non seulement à nous, mais aussi aux pays qui en sont initiateurs", a-t-il jugé.

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