Envoyer Imprimer
La Commission européenne propose de renouveler la licence du glyphosate pour 10 ans après avis de l'Agence européenne pour la sécurité des aliments qui a classé l'herbicide comme non cancérogène, une proposition à laquelle la France va s'opposer (Photo PHILIPPE HUGUEN/AFP/Archives)

Jeudi 12 octobre 2017, 18h40
L'industrie des produits phytosanitaires sera "le grand gagnant" en cas d'interdiction d'utilisation de l'herbicide glyphosate, a estimé jeudi Philippe Pinta, président de l'AGPB, le syndicat des producteurs de blé.

"Le grand gagnant d'une suppression du glyphosate, ce sera les boîtes phyto", a déclaré à l'AFP M. Pinta, expliquant: "Le glyphosate, depuis 20 ans, est tombé dans le domaine public. Un litre de glyphosate de base, ça vaut 3 euros, 1,50 euro. Demain, si c'est un produit nouveau, avec le brevet pendant 20 ans, on s'en prend plein la figure sur le prix."

Il a cependant salué l'intervention d'Emmanuel Macron à ce sujet, mercredi, à mi-parcours des états généraux de l'Alimentation, qui "a calmé le jeu", après "toutes les hypothèses et les contradictions, les démentis, sur le glyphosate: depuis deux mois, plus personne ne savait où on en était".

Il s'est en revanche montré "plus inquiet" sur la perspective d'aide financière proposée par Emmanuel Macron, si celle-ci devait être utilisée pour de la main-d'œuvre supplémentaire chargée de désherber ou soigner les plantes: "J'espère que ce n'est pas pour tenir une binette, parce que moi je ne le fais pas", a déclaré M. Pinta.

"Aider financièrement, ce n'est pas ce qu'on demande, nous ce qu'on demande c'est d'avoir des solutions et pas des interdictions", a-t-il dit.

M. Pinta a rappelé les effets néfastes selon lui d'une interdiction du produit, au premier rang desquels la reprise des labours, et donc la remise en cause de l'engagement de la France dans le processus "4 pour 1.000" (lancé lors de la COP 21, qui promeut des techniques agronomiques comme l'abandon du labour pour séquestrer du carbone dans les sols).

Il a également évoqué des problèmes "de santé publique", comme celui de "la prolifération de l'ambroisie", que poserait selon lui la fin de l'utilisation du glyphosate, sans solution alternative économiquement et agronomiquement viable.

La Commission européenne a proposé mi-juillet de renouveler la licence du glyphosate pour 10 ans après avis de l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa), qui a classé l'herbicide comme non cancérogène, une proposition à laquelle la France a prévu de s'opposer.

L'exécutif européen prévoit de soumettre le dossier à un vote auprès des experts des Etats membres représentés au sein d'un comité technique en charge de ce type de décision.

Ce vote aura lieu le 25 octobre, avant que l'autorisation dans l'UE de cet herbicide controversé expire à la fin de l'année.

Envoyer Imprimer


Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2017 Agence France-Presse. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Toute l'actualité Economie   Haut de page
 

Annonces Google

 

Sondage

Le montant des salaires des grands patrons français vous choque-t-il ?

Tous les sondages