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Le président vénézuélien Nicolas Maduro, le 17 octobre 2017 à Caracas (Photo FEDERICO PARRA/AFP/Archives)

Samedi 11 novembre 2017, 09h09
Un comité à New York chargé d'examiner un retard de paiement pouvant déclencher un défaut partiel du Venezuela a reporté vendredi sa décision à lundi, jour où les créanciers internationaux du pays sont attendus à Caracas pour renégocier les conditions de sa dette.

Le pays sud-américain, en grandes difficultés financières, doit encore rembourser dans la journée 81 millions de dollars d'intérêts de dette du groupe public pétrolier PDVSA, au risque sinon de se retrouver en situation de défaut de paiement sur sa dette extérieure.

Mais PDVSA a, semble-t-il, déjà raté un versement de 1,161 milliard, annoncé par le gouvernement la semaine dernière mais toujours pas parvenu aux créanciers.

Un comité spécialisé de l'ISDA (Association internationale des produits dérivés) composé de 15 sociétés financières s'est réuni vendredi pour décider des suites à donner à ce retard.

Le comité a décidé "de se réunir à nouveau ce lundi 13 novembre à 12H00 (17H00 GMT) heure de New York et continuer à discuter de la question", a toutefois indiqué une porte-parole par courriel à l'AFP.

Le suspense sur un défaut de paiement du Venezuela, annoncé comme imminent par nombre d'analystes, va donc se poursuivre jusqu'à lundi.

La Venezuela au bord du défaut de paiement (Photo Anella RETA/AFP)

Ce jour-là, le pays fera face à plusieurs défis, outre la réunion de ce comité - dont une décision négative est de nature à déclencher un potentiel défaut partiel - : un nouveau versement de 200 millions de dollars, une réunion des créanciers internationaux convoquée par le président Nicolas Maduro à Caracas et le vote de sanctions de l'Union européenne.

- 'Fin du match' -

La dette du Venezuela envers l'étranger est estimée à 150 milliards de dollars.

Mais ses réserves en devises ont fondu à 9,7 milliards et d'ici la fin de l'année il doit rembourser 1,47 à 1,7 milliard, puis 8 milliards en 2018.

Autrefois le plus riche d'Amérique latine, le pays pétrolier, ruiné notamment par la chute des cours du brut, n'est plus que l'ombre de lui-même: la majorité des aliments et médicaments ont disparu des rayons, générant une crise politique et un mécontentement populaire cristallisé dans les manifestations violentes du printemps, qui ont fait 125 morts.

"D'une façon ou d'une autre, le gouvernement et (le groupe public pétrolier) PDVSA vont faire défaut" sur leur dette, prédit Edward Glossop, analyste de Capital Economics. "Nous sommes à la fin du match et c'est maintenant une question de jours - et non de semaines - avant que le défaut de paiement ne soit confirmé".

Les agences de notation Fitch, S&P Global Ratings et Moody's ont déjà dégradé la note du Venezuela face à l'imminence d'un défaut.

Nouvel indice de l'urgence financière : vendredi, un créancier de la compagnie publique Electricidad de Caracas, le fonds Wilmington Trust, a annoncé dans un communiqué que celle-ci n'avait pas remboursé les intérêts d'une échéance (près de 30 millions de dollars selon Bloomberg). Cela "constitue un défaut" de cette entreprise, souligne ce créancier.

La compagnie électrique Corpoelec a cependant démenti, dans un message publié vendredi soir sur Twitter, avoir failli à ses engagements, déclarant s'être acquittée totalement du remboursement.

- Chine et Russie -

L'accélération des difficultés de Caracas survient au moment où la communauté internationale, qui dénonce une radicalisation du gouvernement socialiste, hausse à nouveau le ton.

Lundi à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'UE adopteront des sanctions, dont un embargo sur les livraisons d'armes, selon des sources diplomatiques.

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi une nouvelle vague de sanctions visant dix responsables soupçonnés notamment d'avoir sapé le processus électoral.

Washington interdit déjà à tout citoyen et toute banque américaine d'acheter de nouvelles obligations ou de négocier des accords proposés par le gouvernement vénézuélien ou PDVSA.

Dès lors, difficile d'imaginer que des créanciers américains - selon Caracas, 70% des détenteurs de bons vénézuéliens viennent des Etats-Unis ou du Canada - se rendent lundi à l'invitation de M. Maduro.

"Cela complique la négociation d'un accord avec les créanciers", souligne Andrea Saldarriaga, analyste du centre Atlantic Council. "Le scénario le plus probable est un éventuel défaut de paiement".

Le président Maduro accuse les Etats-Unis de "persécution financière" pour asphyxier le Venezuela en raison de son gouvernement socialiste.

Il espère se sauver grâce à la Chine, à qui il doit 28 milliards de dollars, et la Russie, qui s'apprête à signer un accord pour restructurer 3 milliards sur 8.

Selon les experts, pour convaincre ses créanciers de restructurer la dette - rééchelonner les remboursements, et, le plus souvent, diminuer ou effacer des créances -, le gouvernement doit présenter un plan de réformes pour redresser le pays, dont le PIB a fondu de 36% en quatre ans.

"Il doit offrir des garanties qu'il va payer", insiste l'économiste Orlando Ochoa.

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