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Vue de la Banque centrale espagnole à Madrid (Photo Dominique Faget/AFP/Archives) |
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Lundi 01 octobre 2012, 12h51
La cinquième banque espagnole Banco Popular a dû changer brutalement ses plans lundi, annonçant une augmentation de capital emblématique des difficultés du secteur miné par l'immobilier, et scruté par les marchés qui ont très mal réagi.
Rester indépendant, telle est désormais la priorité du groupe, qui veut éviter à la fois une mise sous tutelle de l'Etat, via l'injection de fonds publics, et le rachat par un concurrent.
"Nous voulons juste dépendre de nous-même, nous voulons préserver notre indépendance", a affirmé le directeur financier de Banco Popular, Jacobo Gonzalez-Robatto, lors d'une conférence avec des analystes.
"Nous ne voulons pas compter sur de l'argent public, sur des aides d'Etat", a-t-il insisté.
Après la publication vendredi soir de l'audit mené par le cabinet américain Oliver Wyman sur l'ensemble du secteur, la banque a dû réagir vite, l'examen ayant chiffré ses besoins à 3,2 milliards d'euros.
Les banques espagnoles sont particulièrement scrutées par les investisseurs, car leurs bilans sont fragilisés par les actifs immobiliers toxiques, accumulés depuis l'éclatement de la bulle en 2008.
L'audit devait justement permettre de rassurer le marché et d'évaluer le chèque que devra signer la zone euro au secteur, après lui avoir promis en juin une aide de jusqu'à 100 milliards d'euros: celui-ci devrait se limiter à environ 40 milliards d'euros, selon le gouvernement.
Moody's a salué lundi ce processus de recapitalisation, prévenant toutefois que le montant prévu pourrait être insuffisant.
Chez Banco Popular, la réaction a plus ressemblé à de la panique: le conseil d'administration s'est réuni dès dimanche, en urgence.
"Le test de résistance (mené par Oliver Wyman) nous a conduit à accélerer notre plan d'affaires et de recapitalisation", a reconnu Jacobo Gonzalez-Robatto.
Celui-ci ne lésine pas sur les moyens, prévoyant une augmentation de capital de jusqu'à 2,5 milliards d'euros, la suspension du versement en octobre du dividende, la création en interne d'une structure de défaisance pour regrouper les mauvais actifs immobiliers, et enfin des provisions de 9,3 milliards d'euros en 2012 pour assainir son bilan.
Le directeur financier s'est voulu optimiste: "après l'augmentation de capital, après l'injection de liquidités, notre note (de crédit) va monter", alors que l'agence Fitch a récemment rétrogradé la banque en catégorie spéculative, à BB+.
La première réaction du marché a toutefois été très mauvaise: à 10h00 GMT, le le titre chutait de 12,29% à 1,492 euro, à l'inverse de la tendance du marché (+0,60%), après avoir été suspendu en début de matinée.
Avec son plan, Banco Popular vise un bénéfice net de 547 millions d'euros en 2013 puis de 1,412 milliard en 2014, et au total, un bénéfice net avant provisions de 7,2 milliards d'euros, en cumulé, entre 2012 et 2014.
Le programme "couvrira les besoins en capitaux dérivés du test de résistance d'Oliver Wyman et la totalité des provisions requises par les différents décrets" du gouvernement espagnol, faisant passer le taux de fonds propres durs (Core tier 1) au-dessus des 12% d'ici 2014, a indiqué la banque.
L'augmentation de capital, programmée pour mi-novembre, "compte déjà avec l'appui de différentes banques d'investissement", a-t-elle assuré, et "est destinée aux actionnaires actuels de Banco Popular, qui auront un droit préférentiel de souscription, mais aussi à de nouveaux investisseurs institutionnels et minoritaires".
Le marché espère voir rapidement bouclé le dossier de la recapitalisation des banques espagnoles, qu'il considère comme la dernière étape avant que l'Espagne, quatrième économie en zone euro, demande un sauvetage financier.