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GM CONSERVE OPEL (Photo Reuters/Reuters) |
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Mercredi 4 novembre, 9h27
DETROIT/FRANCFORT (Reuters) - Opel tente de faire bonne figure mercredi, au lendemain de la décision de General Motors de conserver sa filiale allemande au lieu de la céder, comme il était convenu après plusieurs mois de négociations, à l'équipementier canadien Magna.
Ce revirement, que GM a justifié en mettant en avant l'intérêt stratégique d'Opel et des signes d'amélioration dans l'industrie automobile, a été très critiqué en Allemagne et, à l'inverse, salué en Grande-Bretagne.
Camouflet pour la chancelière Angela Merkel, la décision accroît le risque d'un conflit entre GM et les syndicats allemands et pose la question de savoir comment le constructeur américain compte financer un plan de restructuration qu'il évalue à trois milliards d'euros.
"La décision du conseil d'administration de GM clarifie la situation d'Opel/Vauxhall", a déclaré Opel dans un court communiqué.
"Nous soutiendrons activement toutes les parties en présence pour appliquer cette décision du conseil aussi rapidement que possible, afin d'assurer à Opel un avenir fructueux."
La décision de conserver Opel a été prise lors d'un conseil d'administration organisé alors que la Commission européenne avait demandé à GM de confirmer sa volonté de vendre Opel.
En décidant de ne pas vendre le constructeur allemand, GM effectue une volte-face qui vient écrire une nouvelle page d'un feuilleton démarré voilà plusieurs mois.
Au terme d'une compétition féroce, le canadien Magna, allié à la banque russe Sberbank, avait été choisi par GM pour acquérir 55% d'Opel.
ANGELA MERKEL PRISE AU DÉPOURVU
Déplorant le revirement de GM, Berlin a dit attendre du groupe américain qu'il rembourse le milliard et demi d'euros de prêt relais accordé par les banques allemandes.
"Le gouvernement regrette la décision du conseil d'administration de General Motors de restructurer lui-même Opel et de le conserver dans le groupe", a dit un porte-parole dans la nuit de mardi à mercredi.
Selon des responsables allemands s'exprimant sous le sceau de l'anonymat, l'annonce de GM a pris au dépourvu la chancelière et ses conseillers.
Ce rebondissement ne surprend qu'à moitié certains analystes pour qui l'attitude de GM, qui ne montrait pas grand empressement à finaliser la cession de sa filiale, préfigurait un tel épilogue.
"GM n'a jamais vraiment voulu vendre Opel. Ils y étaient contraints en raison de leur situation financière. Un grand nombre de véhicules de GM sont sortis des cartons des ingénieurs d'Opel, c'est donc qu'Opel est très utile au groupe. Maintenir cette présence rendra service au groupe sur le long terme", souligne Aaron Bragman d'IHS Global Insight.
Jointe par Reuters, une porte-parole de Magna a refusé de commenter l'information.
AMERTUME EN ALLEMAGNE, SATISFACTION BRITANNIQUE
L'amertume et la colère se mêlaient à l'incrédulité chez les syndicats du constructeur, qui avaient soutenu l'accord avec Magna finalement intervenu le 10 septembre dernier.
"Malheureusement, cela semble confirmer mes soupçons d'un lien entre la décision de vendre Opel à Magna et les élections qui devaient avoir lieu un peu plus tard dans le mois (de septembre)", a déclaré Rainer Einenkel, délégué syndical à Bochum.
Briguant sa réélection sous les couleurs du parti chrétien-démocrate (CDU-CSU, conservateurs), la chancelière a activement soutenu le projet de reprise de Magna avant de remporter les législatives du 27 septembre.
Les représentants des 50.000 salariés d'Opel (dont 25.000 Allemands) ont accepté un abaissement des coûts salariaux à hauteur de 265 millions d'euros par an en échange de garanties pour l'emploi, mais cette concession, faite pour faciliter la vente à Magna, pourrait être remise en cause.
Mercredi, le principal dirigeant syndical du constructeur allemand Klaus Franz a déclaré qu'il demanderait le paiement des sommes prévues par l'accord salarial avec General Motors.
Il a également déclaré que les employés ne céderaient pas au "chantage" de GM qui vise, selon lui, à les faire contribuer au financement des projets du groupe.
Le plan de restructuration de Magna suscitait des interrogations dans plusieurs pays où Opel est implanté. La Grande-Bretagne par exemple, patrie de Vauxhall, la marque britannique d'Opel, avait fait part de ses réticences à plusieurs reprises.
Le gouvernement britannique a appris la décision de GM avec satisfaction, proposant d'apporter une aide financière au groupe américain. Elle a également été saluée par le syndicat britannique Unite qui estime qu'il s'agit là du meilleur accord possible pour le pays.
Prié de commenter l'information, une porte-parole du Trésor américain a assuré que l'administration Obama n'avait joué aucun rôle dans la décision de GM.
Version française Nicolas Delame et Jean Décotte